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Des rebelles menacent les opposants tentés de participer à Genève-2

AFP

Les principaux groupes de rebelles syriens ont menacé de représailles les opposants tentés de participer à la conférence de paix Genève-2. Une nouvelle confirmation de la rupture entre les combattants et l'opposition en exil.

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La rupture semble bien consommée entre les combattants rebelles et l’opposition en Syrie. Une vingtaine des principaux groupes rebelles syriens ont menacé dimanche 27 octobre les membres de l’opposition tentés de participer à la Conférence de paix, dite de Genève-2, prévue en novembre. Ardemment souhaitée par Moscou et Washington, cette seconde conférence internationale doit tenter de trouver une issue au conflit qui fait rage en Syrie depuis plus de deux ans et demi et qui a causé la mort de plus de 115 000 personnes selon le dernier bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Mais certains rebelles ne l’entendent pas ainsi. Selon eux, les éventuels participants à la conférence commettront une "trahison" et devront répondre devant leurs "tribunaux", préviennent ainsi les brigades rebelles, islamistes pour la plupart, laissant clairement entendre qu'ils seront exécutés. "Nous annonçons que la conférence Genève-2 n'est pas, et ne sera jamais le choix du peuple ou une revendication de notre révolution", poursuit le communiqué de ces groupes, dont certains font partie de l'Armée syrienne libre (ASL), lu samedi soir par le chef de la brigade Souqour al-Cham, Ahmad Eissa al-Cheikh.

La déclaration est signé par 22 brigades, dont al-Tawhid et Ahfad al-Rasoul, qui seraient soutenues par le Qatar, de même que par la brigade Ahrar al-Cham, l'un des principaux groupes combattant dans l'est de la Syrie, et par les brigades al-Sahaba, qui opèrent dans la région de Damas.

Ces menaces n'ont pas manqué de susciter l'ire de Moscou qui les a qualifiées de "révoltantes". "Il est révoltant que certaines de ces organisations extrémistes, terroristes, qui luttent contre les forces gouvernementales en Syrie commencent à lancer des menaces, et ce n'est pas la première fois", a ainsi déclaré lundi 28 octobre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Brahimi à Damas pour une mission ardue

De son côté, l'opposition syrienne, très divisée sur une éventuelle participation à cette conférence de paix déjà plusieurs fois reportée, doit se réunir le 9 novembre en Turquie autour de cette question. Elle réclame des garanties pour que la conférence aboutisse à un départ du président Bachar al-Assad. La semaine passée, la Coalition nationale syrienne, principale représentation politique de l'opposition syrienne, a déjà prévenu qu'elle ne participerait à Genève-2 si l'objectif n'en est pas le départ d'Assad. Une condition que le régime rejette catégoriquement.

Si la date de la conférence n’a pas encore officiellement été arrêtée. Plusieurs responsables ont néanmoins avancé la date du 23 novembre. Mais le président syrien s’est empressé de démentir cela le 21 octobre lors d’un entretien à la télévision libanaise al-Mayadine. Lui non plus ne semblait pas enclin à participer à Genève-2 estimant que les "conditions n’étaient pas encore réunies " pour négocier.

Des dissensions qui promettent de rendre la tâche de Lakhdar Brahimi encore plus ardue. L'émissaire international de l’ONU et de la Ligue arabe est en effet arrivé à Damas lundi 28 octobre, où il ne s’était pas rendu depuis fin 2012, dans le cadre d'une tournée régionale pour tenter de convaincre les différentes parties de se réunir autour de la table.

"Un accord à Genève-2 n'aurait aucune valeur"

Ni le pouvoir ni l'opposition ne semble donc vouloir participer à Genève-2, pour laquelle la communauté internationale déploie d'intenses efforts diplomatiques.

Interrogé par l'AFP, Thierry Pierret, expert de l'islam en Syrie et maître de conférence à l'université d'Edimbourg, explique que les groupes rebelles qui désavouent la conférence de paix "représentent un pan très large de l'opposition armée, allant des salafistes radicaux du Front islamique syrien à des groupes beaucoup plus modérés qui constituent des piliers de l'Armée syrienne libre (ASL)".

Pour lui, "on peut affirmer que Genève 2 fait l'objet d'un rejet quasi-total dans les rangs des insurgés, ce qui signifie qu'une bonne partie de l'opposition politique ne prendra pas le risque de participer à une réunion qui lui coûterait ce qui lui reste de légitimité auprès des groupes armés".

En outre, ajoute-t-il, "quand bien même des opposants participeraient à Genève-2 et aboutiraient à un accord, ce dernier n'aurait aucune valeur".

Avec dépêches

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