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Nucléaire iranien : l'intransigeance de la France critiquée à Genève

AFP

À Genève, diplomates occidentaux et iraniens tentent de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran. Mais la position de la France, qui se montre particulièrement exigeante, suscite des critiques parmi les Occidentaux.

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La France se montrerait encore plus intransigeante sur le dossier du nucléaire iranien que les États-Unis à Genève. C'est en tous cas ce que laissent supposer les déclarations de certains diplomates occidentaux qui se sont confiés à l'Associated Press sous le sceau de l'anonymat, samedi 9 novembre. L'un d'eux explique que Paris exige des conditions encore plus sévères que celles des États-Unis ou des autres parties de la négociation.

L'insistance du chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, à demander un engagement plus fort de l'Iran sur certains volets de son programme nucléaire, succeptibles d'avoir une vocation militaire, commence ainsi à être nettement critiquée parmi les autres négociateurs occidentaux.

"Une tentive par Fabius de s'immiscer au dernier moment"

Le ministre français des Affaires étrangères a en effet répété samedi que des "questions importantes" subsistaient dans les négociations sur le nucléaire iranien, à l'issue d'une rencontre avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif à Genève.

"Les Américains, l'Union Européenne et les Iraniens ont travaillé de façon intensive pendant des mois sur cette proposition et ce n'est rien de plus qu'une tentative par Fabius de s'immiscer au dernier moment pour jouer un rôle dans la négociation", a raillé un diplomate occidental face aux journalistes.

Face aux critiques, les diplomates français restent fermes. "Nous voulons éviter l'euphorie du verre à moitié plein", dit-on dans la délégation française, en rappelant qu'en 2003, un accord avait été conclu et qu'il avait avait échoué.

Des députés iraniens critiquent l'intransigeance de la France

De leur côté, des députés iraniens ont critiqué samedi l'intransigeance de la France lors de ces négociations, accusant Laurent Fabius de défendre "les positions" d'Israël qui dénonce l'accord en discussion.

"L'attitude du représentant de la France montre que ce pays fait du chantage", a réagi Hossein Taghavi, porte-parole de la Commission des Affaires étrangères du parlement iranien, cité par l'agence Fars. "Alors que la population française veut une amélioration des relations entre Paris et Téhéran, le gouvernement français préfère malheureusement défendre la position du régime sioniste", a-t-il ajouté.

Les critiques étaient relayées par certains médias officiels présents à Genève pour couvrir la séance de négociations, qui a démarré jeudi. L'agence officielle Irna a quant à elle affirmé que Laurent Fabius "entravait" l'accord entre l'Iran et le groupe 5+1.

Vendredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé le compromis discuté en Suisse, le qualifiant d'"affaire du siècle pour l'Iran", son ennemi juré. "L'accord en discussion est un mauvais accord, un très mauvais accord. L'Iran n'est pas obligé de démanteler ne serait-ce qu'une centrifugeuse", a-t-il déploré.

L''Iran a prévenu que faute d'accord dans la soirée de samedi, un nouveau round de discussions devrait être organisé plus tard, et que la négociation ne se prolongerait pas dimanche.

Avec dépêches

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