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Les climatologues redoutent des cyclones de plus en plus violents

AFP

Réunis à Varsovie, de nombreux climatologues disent - avec prudence - s'attendre à des cyclones de plus en plus puissants, dus à la montée de la température des océans. Le typhon Haiyan, qui a touché les Philippines, en est un triste exemple.

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La conférence de Varsovie sur le changement climatique s’est ouverte lundi 11 novembre, alors que les Philippines sont violemment frappées par le typhon Haiyan. Parmi les experts, très peu avancent avec certitude un lien formel entre les cyclones et le réchauffement climatique.

L'étude des cyclones manque cruellement de "bases de données assez homogènes, car il n'y avait pas de satellites avant les années 70", fait ainsi remarquer Fabrice Chauvin, chercheur au Centre national de recherches météorologiques à Toulouse. "Nous manquons de recul", confirme à l'AFP Hervé Le Treut, professeur à l'Université Pierre-et-Marie-Curie, spécialiste notamment de la modélisation numérique du système climatique.

Le dernier point international sur le réchauffement date de septembre 2013, quand le Groupe d'experts sur l'évolution du climat (Giec), mandaté par l'ONU, a rendu publique une partie de son dernier rapport. Bien qu’ils soient restés prudents dans leurs termes, les climatologues du Giec se sont accordés sur le fait qu’il faut s’attendre à des phénomènes de plus en plus violents, liés à la montée de la température des océans. Il est "virtuellement certain que la surface supérieure de l'océan s'est réchauffée de 1971 à 2010", ont-ils écrit.

Des cyclones moins nombreux mais plus puissants

Un réchauffement est évalué à environ 0,1 degré Celsius par décennie pour les 75 mètres proches de la surface, jusqu'à 0,015°C à 700 mètres sous la surface. Est-il dû aux activités humaines ? Est-il supérieur à la "variabilité naturelle" de la planète ? Le débat reste ouvert, mais dès son rapport de 2007, le Giec estimait "probable", sur la base de modélisations, que les cyclones soient à l'avenir plus intenses et plus pluvieux.

Paradoxalement, Fabrice Chauvin fait d'abord remarquer que ces mêmes modélisations informatiques pointent vers un nombre plus restreint de cyclones, pour des raisons différentes, liées à l'atmosphère, avec notamment des vents moins homogènes. "Mais quand il y en aura, il y aura des phénomènes plus intenses en termes de précipitations", ajoute-t-il. "Comme les températures de surface des océans sont plus élevées, cela va alimenter une source d'énergie plus importante pour les cyclones. Il y aura donc une tendance à avoir des cyclones un peu plus violents", explique-t-il à l'AFP.

"Une température plus importante à la base, cela va alimenter un phénomène plus fort d'évaporation et donc davantage de pluies disponibles", croit-il. "On peut penser qu'effectivement, on a une mécanique qui peut favoriser des cyclones puissants", estime aussi Hervé Le Treut.

Avec dépêches

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