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Le sommet du Commonwealth s'ouvre au Sri Lanka sous le signe du boycott

Le prince Charles a ouvert à Colombo le sommet du Commonwealth, boycotté par plusieurs chefs de gouvernement qui protestent contre le veto du Sri Lanka à toute enquête internationale sur l'écrasement des Tamouls à la fin de la guerre civile en 2009.

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Le sommet du Commonwealth s’ouvre vendredi 15 novembre au Sri Lanka sous le signe du boycott. Alors que le prince Charles a fait le déplacement à Colombo, plusieurs chefs de gouvernement, appartenant à l'organisation, brillent par leur absence.  Le Premier ministre canadien, Stephen Harper, et son homologue indien, Manmohan Singh, notamment, ne se déplaceront pas en raison du refus du Sri Lanka d'autoriser une enquête internationale sur les soupçons de crime de guerre à l’encontre de la guérilla des Tigres tamouls en 2009.

Pendant le conflit ethnique d’une trentaine d’années qui a fait environ 100 000 morts, selon les estimations de l'ONU, le gouvernement sri-lankais a écrasé la rébellion séparatiste de la minorité tamoule du nord du pays. L’ONU réclame une enquête sur les derniers mois du conflit, qui ont fait des dizaines de milliers de morts parmi les civils.  En cause, à la fois les bombardements de l’armée et la tactique des boucliers humains utilisée par la guérilla.
 
Au grand dam des autorités sri lankaises, le Premier ministre britannique, David Cameron, présent également pour la cérémonie d’ouverture du sommet de trois jours, devrait se rendre ce vendredi après-midi dans le nord du pays, à Jaffna, l'ancienne zone de guerre dominée par les Tamouls et ensanglantée par les combats à la fin du conflit. Il sera le premier dirigeant politique étranger à se rendre dans cette région de l’ancienne colonie britannique.  
 
Le Commonwealth n’est pas là pour "punir" ou "juger"
 
Quatre ans après la fin de la guerre civile, les Tamouls dénoncent la répression et un climat d’extrême suspicion à leur encontre au Sri Lanka. Le sujet est même devenu un casse-tête pour le président Mahinda Rajapaksa, contraint de se défendre face à la pression des autres pays, à commencer par la Grande-Bretagne. Il s’est défendu jeudi en déclarant qu’il n’avait "rien à cacher" et qu’un système juridique était en place pour traiter les violations des droits de l’Homme.
 
Le président sri lankais, qui comptait sur ce sommet pour montrer le renouveau économique du pays depuis la fin de la guerre, a par ailleurs estimé que le Commonwealth ne devait pas devenir une organisation de jugement de ses membres.
 
"Si le Commonwealth veut rester utile pour ses membres, il doit répondre aux besoins des peuples et ne pas se transformer en une organisation punissant ou jugeant" ceux qui la composent, a-t-il dit lors d'un discours peu avant l'ouverture formelle du sommet. Il a aussi mis en garde contre toute tentative pour un pays d'imposer "un agenda bilatéral au sein de l'organisation".
 
Avant son départ pour l'Asie, le Premier ministre britannique avait défendu sa décision de participer au sommet, en s'engageant auprès de la communauté tamoule à demander à Colombo une enquête sur les accusations de crimes de guerre.

Avec dépêches

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