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Google et Microsoft s'unissent contre les cyber-prédateurs sexuels

Wikimedia Commons

Le célèbre moteur de recherche Google a dévoilé, lundi, un changement à son algorithme qui permet de bloquer des requêtes menant à des contenus pédopornographiques. Microsoft va faire de même sur Bing, son propre moteur de recherche.

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Google a trouvé un moyen pour rendre son moteur de recherche bien plus hermétique au contenu pédopornographique. Éric Schmidt, président du géant américain, a annoncé, lundi 18 novembre dans le quotidien britannique “Daily Mail”, avoir expurgé de tous liens vers ce genre de contenus plus de 100 000 types de recherches qui permettaient auparavant d’atteindre des images, vidéos ou sites mettant en scène des abus sur mineurs.

Il aura fallu “200 personnes qui ont développé pendant trois mois une nouvelle technologie pour atteindre ce résultat”, assure Éric Schmidt. Ce nouveau filtre doit, tout d’abord, être mis en place pour la version anglophone du moteur de recherche. Il sera ensuite déployé dans toutes les langues qui peuvent être utilisées sur Google.com, soit plus de 150.

Microsoft, qui gère le moteur de recherche Bing, a fait savoir dans la foulée qu’il ne devrait pas tarder à imiter son principal concurrent. Situation inédite : les deux mastodontes du Web ont, en effet, travaillé de concert pour développer la technologie qui vient d’être dévoilée. Microsoft a également mis à disposition de Google son système de détection des images afin de mieux isoler et bannir les photos pédopornographiques.

Mais, dans le cas de Google l’effort ne s’arrête pas aux portes de son célèbre algorithme de recherche. “Nos ingénieurs à YouTube [propriété de Google] ont développé une technologie permettant de repérer automatiquement les vidéos [illégales]”, assure ainsi Éric Schmidt. Il n’en précise pas le fonctionnement, mais il explique que la technologie devrait être “mise à disposition des autres groupes internet et ONG de protection de l’enfance d’ici le début de l’année prochaine”.

C’est la première fois que Google et Microsoft annoncent un changement majeur de leur moteur de recherche pour lutter contre ce type de contenus. Une initiative inédite perçue comme une victoire pour le Premier ministre britannique David Cameron. L’annonce d’Éric Schmidt intervient, en effet, en amont d’un sommet sur la sécurité d'Internet, au 21 Downing Street, qui débute lundi 18 novembre et réunit plusieurs grands noms du Net comme Google et Microsoft.

La panacée pour lutter contre la pédopornographie ?

En juillet dernier, le chef du gouvernement britannique, qui a fait de la lutte contre la pédopornographie l’un de ces chevaux de bataille, avait regretté que les deux principaux moteurs de recherche lui aient fait savoir que bloquer ce type de contenu était technologiquement impossible. “Nous ne déclarons pas encore que nous avons gagné, mais c’est un immense pas dans la bonne direction”, a précisé à la chaîne britannique BBC Claire Perry, la conseillère de David Cameron sur les questions d’exploitation de l’enfance.

Pour d’autres, pourtant, cette annonce risque de ne pas changer grand chose à la lutte contre la pédopornographie. Ces prédateurs “ne vont pas sur Google pour trouver ce genre de contenu, mais le recherchent dans les recoins plus sombre du Web et par le biais des réseaux d’échange de fichiers”, souligne à la BBC Jim Gamble, ancien directeur de l’ONG de protection de l’enfance “Child Exploitation and Online Protection Centre” (Ceop). Il aurait préféré que des moyens financiers supplémentaires soient débloqués pour recruter davantage d’experts chargés de traquer ces criminels sur les réseaux.

Enfin, certains y voient, derrière une initiative dont le but est louable, un précédent qui pourrait se révéler dangereux. “Une fois accepté le principe selon lequel le moteur de recherche n'est plus neutre et doit combattre les pulsions d'illégalité ou d'immoralité de ses utilisateurs, il ne tiendra qu'aux gouvernements, aux lobbys et aux moteurs de recherche de décider ensemble des autres secteurs devant faire l'objet d'une censure”, souligne ainsi Numérama, un site français spécialisé dans les nouvelles technologies. C’est peut-être pour rassurer ces sceptiques qu’Éric Schmidt a précisé que Google s’était attaqué à ce type de contenus uniquement “parce qu’il y avait un consensus sur cette question”.

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