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La colère de la rue monte d'un cran en Thaïlande

AFP
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Des partisans de l'opposition thaïlandaise, qui réclament le départ du Premier ministre, ont envahi les ministères des Finances et des Affaires étrangères lundi. Ce mouvement de colère est le plus important qu'ait connu la Thaïlande depuis 2010.

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La rue s'échauffe en Thaïlande et la pression politique monte dans les rues de Bangkok. Un millier de manifestants hostiles au Premier ministre, Yingluck Shinawatra, sont entrés, lundi 25 novembre, au ministère des Affaires étrangères après avoir forcé, plus tôt dans la journée, l'enceinte du ministère des Finances dans la capitale thaïlandaise. 

"J’invite les manifestants à rester, durant la nuit, au ministère des Finances", a lancé un leader du mouvement, Suthep Thaugsuban, à la foule rassemblée devant l’immeuble.

Les chefs de file de la contestation ont appelé à occuper d’autres bâtiments publics afin de faire chuter le gouvernement. Par mesure de sécurité, les autorités ont ordonné l'évacuation du palais du gouvernement, le centre névralgique du pouvoir, indique le correspondant de FRANCE 24 en Thaïlande, Cyril Payen. 

"Les chemises jaunes, courant anti-gouvernemental, pro-establishment, a investi un certain nombre de points importants de la vie politique: ministère du Commerce, le bureau du trésor et des bureaux de médias internationaux", selon Cyril Payen qui précise que le centre de Bangkok était, lundi après-midi, complètement inaccessible. 

Les partisans de l'opposition - 150 000 à 180 000 selon les autorités, bien plus selon les organisateurs - s'étaient déjà rassemblés dimanche, après des semaines d'une mobilisation quasi quotidienne, faisant craindre des débordements dans une capitale habituée aux violences politiques.

En vidéo : Cyril Payen, correspondant à Bangkok

 
Un projet d’amnistie en ligne de mire
 
L’opposition est mobilisée en Thaïlande depuis la présentation en octobre d’un projet d’amnistie dont aurait pu bénéficier Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre dont la soeur est l’actuelle chef du gouvernement, en exil à Dubaï en raison d’une condamnation en 2008 pour corruption.
 
"Ce mouvement se donne trois jours pour déstabiliser le pays", précise Cyril Payen. 
 
Face à cette fronde, le projet d’amnistie a été suspendu mais la mobilisation s’est transformée en un mouvement de contestation généralisé contre Yingluck Shinawatra, considérée par ses opposants comme la marionnette de son frère.
 
Un débat sur une motion de censure est prévu mardi au Parlement mais Yingluck Shinawatra affirme qu’elle ne démissionnera pas. "Je n’ai aucune intention de démissionner ni de dissoudre la Chambre, a-t-elle dit lundi à la presse. Le gouvernement a toujours les moyens de fonctionner, même si nous sommes confrontés à quelques difficultés. Toutes les parties ont affiché leurs objectifs politiques et elles doivent maintenant se tourner les unes vers les autres et discuter afin de trouver une issue pacifique pour le pays."
 
Retour des chemises rouges
 
Cette mobilisation est d’une ampleur inédite depuis les troubles meurtriers survenus en 2010 entre partisans et adversaires de Thaksin. À l’époque, 100 000 "chemises rouges", fidèles à Thaksin, avaient occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la démission du gouvernement de l'époque, dirigé par le chef du Parti démocrate Abhisit Vejjajiva, avant un assaut de l'armée.
 
Cette crise, la plus grave qu'ait connue la Thaïlande moderne, avait fait quelque 90 morts et 1 900 blessés. Elle avait également mis en lumière les divisions profondes de la société entre les masses rurales et urbaines défavorisées du Nord et du Nord-Est, fidèles à Thaksin, et les élites de Bangkok gravitant autour du palais royal, qui le haïssent.

Avec dépêches AFP et REUTERS

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