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"The Immigrant" : Marion Cotillard face au miroir aux alouettes du rêve américain

Marion Cotillard dans "The Immigrant" de James Gray.
Marion Cotillard dans "The Immigrant" de James Gray. Wild Bunch

Dans les salles françaises mercredi, le cinquième film de l’Américain James Gray explore le mythe du New York des années 1920. Avec, dans le rôle de la jeune immigrée dupée par le rêve américain, Marion Cotillard.

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Près de six mois après le festival de Cannes, "The Immigrant" de James Gray sort, mercredi 27 novembre, sur les écrans français. L'occasion de découvrir le quatrième film du cinéaste américain que le jury présidé par Steven Spielberg avait quelque peu boudé.

En lice pour la Palme d’or, "The Immigrant" n’avait pas su convaincre les Sages cannois, peut-être peu enclins à distinguer une œuvre au classicisme certain. Film d’époque ayant le New York des années 1920 pour décor, le nouveau James Gray s’inscrit, c’est son ambition, dans la lignée des grands mélodrames.

L’immigrante qu’évoque le titre, c’est Ewa Cybulski (Marion Cotillard, pour qui le film a été écrit), Polonaise tout juste débarquée à Ellis Island, porte d’entrée des États-Unis que les candidats au rêve américain n’étaient autorisés à franchir qu’en bonne santé. Alors que sa sœur Magda est mise illico en quarantaine pour cause de vilaine tuberculose, Ewa tombe dans les griffes du maquereau Bruno Weiss (Joaquin Phoenix) qui, en bon Samaritain plein de mauvaises intentions, lui offre l’hospitalité…

Une seule nuance de Gray

Évoluant d’habitude dans les milieux mafieux ukrainiens de Brooklyn, James Gray effectue donc, avec "The Immigrant", un sérieux changement de cap. D’où, peut-être, cette décevante impression qu’il est passé à côté de quelque chose. Que le dramatique, dont on appréciait l’ampleur dans les précédents films, n’a pas passé l’épreuve du saut dans le temps. Que l’ambiguïté qui habite d’ordinaire ses personnages leur fait ici défaut.

Convaincante dans ses habits d’immigrée que la clandestinité pousse à la prostitution, Marion Cotillard, qui, à en croire les critiques polonais, manie ici leur langue avec brio, n’a que rarement l’occasion de sortir de son rôle de sainte à la voix fluette. Point de variations non plus dans la partition du sauveur au grand cœur interprété par Jeremy Renner. Seul le méchant Bruno Weiss, que l’amour va bonifier, semble avoir été doté d’une complexité propre à transcender le jeu de Joaquin Phoenix, quelque peu éteint au début du film.

James Gray étant James Gray, "The Immigrant" réserve son lot de magnifiques séquences que le genre mélodramatique impose : un tabassage policier dans le clair-obscur d’un tunnel, un meurtre dans la pénombre d’un immeuble miteux, ou un accostage à la sauvette sur les rives d’Ellis Island que surveille au loin la statue de la Liberté, symbole pour l’immigrante d’une promesse encore non tenue.

Cet article est tiré d’un billet publié le 24 mai sur le blog "24 Images seconde sur la Croisette".

 

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