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Afrique

Mehdi Jomaa, nouveau chef du gouvernement tunisien

© Capture d'écran FRANCE 24

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/12/2013

Les islamistes au pouvoir et l'opposition laïque ont nommé samedi Mehdi Jomaa, ancien ministre de l'Industrie, à la tête d'un gouvernement intérimaire. Il devra tenir les rênes de la Tunisie jusqu'à la tenue d'élections en 2014.

Les islamistes au pouvoir et l’opposition laïque ont finalement trouvé un accord. Après deux mois de négociations chaotiques, ils ont nommé Mehdi Jomaa, le ministre sortant de l'Industrie, au poste de Premier ministre, a annoncé samedi 14 décembre le syndicat UGTT qui chapote les discussions. Mehdi Jomaa aura la lourde charge de former un gouvernement d'indépendants afin de sortir la Tunisie d'une profonde crise politique. Il devra en outre expédier les affaires courantes jusqu'à la tenue d’élections en 2014.

"Le dialogue et les discussions ont abouti à un vote et au choix de Mehdi Jomaa comme candidat au poste de chef de gouvernement", a déclaré Houcine Abassi, secrétaire général du syndicat UGTT. "Notre peuple a beaucoup attendu mais malgré les difficultés et les entraves (...), ce dialogue n'a pas échoué", a-t-il précisé avant d'ajouter : "Félicitations à la Tunisie". Une partie de l'opposition, en particulier le principal parti Nidaa Tounès, a toutefois rejeté ce choix et boycotté le vote.

Méconnu du grand public

Mehdi Jomaa, relativement méconnu du grand public, est un ingénieur sans appartenance partisane déclarée, diplômé de l'École nationale d'ingénieurs de Tunis en 1988 et titulaire d'un diplôme supérieur de mécanique (DEA), selon sa biographie officielle diffusée en mars par l'agence d'État TAP. Mehdi Jomaa a entamé alors une carrière dans le privé qui l'a amené au poste de directeur d'une division de Hutchinson, une filiale du géant français Total spécialisée dans l'aérospatiale et dont les principaux clients sont des groupes comme EADS, Airbus ou Eurocopter.

Après la démission du gouvernement dirigé par l'islamiste Hamadi Jebali à la suite de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd en février, le Premier ministre Ali Larayedh avait fait appel en mars à cet indépendant pour diriger le ministère de l'Industrie.

La Tunisie est plongée dans une profonde crise politique depuis l'assassinat en juillet d'un député de l'opposition, Mohamed Brahmi. Les islamistes ont accepté de quitter le pouvoir à condition qu'en parallèle soit adoptée la future Constitution, en cours d'élaboration depuis deux ans, et que le calendrier des futures élections soit fixé. Cette impasse a aussi contribué à l'anémie de l'économie alors que le pays est déstabilisé par l'essor depuis la révolution de janvier 2011 d'une mouvance djihadiste armée.

Avec AFP

Première publication : 14/12/2013

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