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Attaque à l'acide en Inde : "Cela a aussi brûlé mon âme"

© FRANCE 24

Vidéo par Diane WILSON , Surabhi TANDON

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 19/12/2013

L'association Stop Acid Attacks vient en aide aux femmes victimes de ces actes barbares et réclame une loi pour réglementer la vente d'acide. FRANCE 24 a rencontré Lakshmi, une femme dont le visage a été brûlé par l'homme qu'elle refusait d'épouser.

Quand les passants la dévisagent, Lakshmi ne s'en étonne même plus. Son visage porte les stigmates d'une attaque à l'acide. La jeune Indienne raconte comment l'homme qu'elle a refusé d'épouser a décidé de la punir pour le restant de ces jours. "Il a mis la main sur mon visage et m'a poussé au sol, explique-t-elle. Quand j'étais par terre, il m'a jeté de l'acide."

Depuis, elle a mulitplié les opérations mais les séquelles restent. "Ce n'est pas seulement une attaque sur mon visage ; cela a aussi brûlé mon âme, poursuit Lakshmi. J'ai abandonné mes études, tous mes rêves ont été brisés."

"C'est encore douloureux"

Peu après son attaque, Lakshmi a déposé une demande devant la Cour suprême indienne pour bloquer la vente d'acide. Si elle a d'abord mené ce combat seule, elle a fini par rejoindre un groupe d'activistes qui lutte pour endiguer ce fléau. L'association Stop Acid Attacks, basée dans le nord de New Dehli, lance des campagnes sur les réseaux sociaux pour dénoncer la barbarie des attaques à l'acide. "Notre but a toujours été de sensibliser l'opinion publique, de faire en sorte que les consciences s'éveillent, commente Alok Dikshit, président du groupe. Il faut aider les victimes à parler pour poursuivre ce combat encore plus loin."

L'association, qui propose des chambres pour les femmes qui ont besoin de trouver refuge, réclame une loi pour réglementer la vente d'acide connu sous le nom de "Tezaab", normalement destiné à nettoyer des outils rouillés.

Aujourd'hui, Lakshmi est devenue l'icône de ce combat qui fait toujours de nombreuses victimes. La jeune femme soutient désormais celles qui viennent frapper à la porte de l'association, comme Sapna, agressée en août dernier. Quatre mois après, la douleur et les traitements sont encore difficiles à supporter. "La chirurgie est terminée. Maintenant, je prends mon traitement, ça tire, c'est encore douloureux", indique-t-elle.

Libération sous caution

Seul soulagement pour Sapna : le soutien de cette association. "Quand j'ai été brûlée, tout le monde m'a abandonée, j'ai déposé plainte et ma famille était réticente à m'aider. C'est pour ça que je me sens plus en sécurité ici, car je me sens bien entourée."

La condition des femmes en Inde et les fréquentes agressions qu'elles subissent sont sous les feux de l'actualité depuis le viol et la mort d'une étudiante à New Delhi en décembre 2012. Actuellement, les auteurs des attaques à l'acide encourent une peine de  8 à 12 ans de prison en fonction des blessures des victimes mais ils bénéficient généralement d'une libération sous caution. Les parlementaires ont voté contre une proposition de loi voulant condamner les responsables d'attaques à l'acide à la prison à perpétuité.

Première publication : 19/12/2013

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