CHINE

Les cadres du Parti communiste chinois sommés d’arrêter de fumer

AFP - Le chinois Hon Lik est l'inventeur de la cigarette électronique

Le gouvernement chinois a demandé aux cadres du Parti communiste de ne plus fumer dans les lieux publics afin de "montrer l’exemple" à la population et d’améliorer l’image des dirigeants. La Chine est le premier consommateur de tabac au monde.

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Arrêter de fumer en 2014 ? Voilà une résolution des plus traditionnelles qui risque d’être sérieusement suivie cette année, de gré ou de force, au sein du Parti communiste chinois [PCC]. Dans une circulaire diffusée le 29 décembre, le gouvernement chinois exhorte les cadres du parti au pouvoir à ne plus fumer en public et à ne plus acheter de cigarettes avec les deniers publics. Le document précise en outre que les non-fumeurs se doivent d’encourager les accrocs à la nicotine à arrêter la cigarette.

"Fumer dans des lieux publics demeure un phénomène très courant, en particulier pour certains cadres dirigeants qui mettent non seulement en danger la santé publique et l'environnement, mais nuisent aussi à l'image du Parti communiste et du gouvernement", indique la circulaire publiée par le Conseil des affaires de l’État, un organe gouvernemental dirigé par le Premier ministre, Li Keqiang.

Un fumeur sur trois est chinois

Avec 350 millions de fumeurs - soit un tiers des fumeurs de la planète -, la Chine est le plus gros consommateur de tabac au monde. Fumer y est une tradition culturellement et socialement ancrée et des cigarettes dites “de luxe” sont des cadeaux très fréquemment offerts à des amis ou à la famille.

Et le rapport singulier des Chinois au tabac ne s’arrête pas là. Pour certains "goûteurs", fumer est même un travail à plein temps, qui consiste à tester les cigarettes, évaluer leur arôme ou encore leurs effets sur le palais et la gorge. Les employeurs ne sont autres que les grands groupes cigarettiers chinois, qui voient une méthode infaillible pour tester leurs produits avant commercialisation.

Une loi prévue en 2014

À Pékin, comme dans plusieurs grandes villes du pays, il est déjà interdit de fumer dans les lieux publics depuis 2008, ce qui n’empêche absolument pas les Chinois d’enfreindre la loi, les autorités étant, jusqu’à présent, plutôt laxistes sur la question. Mais début décembre, un représentant du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies a annoncé, lors d’une conférence de presse, qu’un texte d’envergure nationale était prévu au calendrier législatif chinois pour 2014. Le Conseil des affaires de l’État a annoncé en outre qu’il serait interdit, dès le 1er janvier, de fumer à bord des trains à grande vitesse sous peine de devoir s'acquitter d’une amende de 2 000 yuan [environ 240 euros].

En attendant un meilleur encadrement législatif, les cadres du PCC sont appelés à “montrer l’exemple”, même si la circulaire du 29 décembre ne fait état d’aucune sanction spécifique dans le cas où les fumeurs seraient pris la main dans le sac. Heureusement, les plus récalcitrants pourront compter sur l’aide de la cigarette électronique qui connaît déjà un succès planétaire et dont l’inventeur n’est autre qu’un pharmacien… chinois. Hon Lik, qui travaille actuellement à la conception d’un "e-narguilé" à destination des publics maghrébins, peut donc se réjouir de voir que la "e-cig" a encore potentiellement des millions de Chinois à séduire.

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