ÉTATS-UNIS

Jeb Bush, il était une troisième fois en Amérique ?

Jeb Bush, donné perdant face à Hillary Clinton, se montre pourtant de plus en plus populaire dans les sondages.
Jeb Bush, donné perdant face à Hillary Clinton, se montre pourtant de plus en plus populaire dans les sondages. Jim Watson, AFP

Fils et frère de présidents américains, Jeb Bush lorgne l’investiture du Parti républicain en vue de la présidentielle de 2016. Favori des sondages, l’ex-gouverneur de Floride a un nom qui ne le place pas forcément dans une situation confortable.

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Il est le premier républicain à s’installer dans les starting-blocks. Le 31 décembre, Jeb Bush, fils du 41e président américain George Bush et frère du 43e président américain George W. Bush, a mis fin à ses fonctions au sein de tous les conseils d'administration où il siégeait. Démissions en bloc qui font partie, selon sa porte-parole Kristy Campbell interrogée par l'agence Associated Press (AP), "du processus qu'il poursuit alors qu'il consacre progressivement son attention à une potentielle course à la présidentielle. C'est une étape naturelle de plus."

Le 16 décembre, soit plus d’un an avant la primaire républicaine, l’ancien gouverneur de Floride (1999-2007), âgé de 61 ans, avait en effet officiellement annoncé qu’il se préparait à briguer la magistrature suprême. "J'ai décidé d'explorer activement la possibilité d'être candidat à la présidence des États-Unis", a-t-il annoncé sur son compte Facebook.

De fait, par le terme "explorer ", Jeb Bush indique clairement son intention de lancer une campagne de récolte de fonds auprès de la base républicaine qu’il s’est engagé à rencontrer dès ce mois de janvier à travers tout le pays. Une manière de couper l’herbe sous le pied de ses rivaux putatifs qui n’ont pas encore officialisé leur intention. "Maintenant qu’il est monté sur le ring, on devrait voir les autres concurrents se déclarer rapidement car la course aux levées de fonds est lancée", commente au "New York Times", Dirk Van Dongen, un important percepteur de fonds et soutien de Jeb Bush.

Une machine politique appelée Bush

Car, contrairement au Parti démocrate qui semble largement gagné par l’idée d’une investiture d’Hillary Clinton, le camp républicain s’apprête à vivre une primaire très disputée. Parmi les candidats supposés au processus de désignation figurent des personnalités très en vue du Grand Old Party (GOP, Parti républicain), au premier rang desquelles le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, celui du Wisconsin, Scott Walker, l'ancien gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee, le chirurgien proche du Tea Party Ben Carson, et les sénateurs Rand Paul, Ted Cruz et Marco Rubio.

>> À voir dans la Revue de presse internationale : "Un troisième Bush à la Maison Blanche"

Légèrement en tête dans les sondages républicains, l’ex-gouverneur de Floride bénéficie plus qu’aucun autre de ses adversaires d’une redoutable machine politique qui a pu porter son père et son frère à la Maison Blanche. "De nombreux donateurs liés à cette famille qui domine le camp républicain depuis un quart de siècle attendaient que le jeune frère de l’ancien président George W. Bush donne un signal sérieux", indique le "New York Times".

Mais le nom même de Bush reste associé à plusieurs controverses dont pourrait pâtir sa candidature. En 2000, beaucoup d’Américains lui ont en effet reproché d’avoir joué un rôle dans le cafouillage électoral qui, en Floride, l’État dont il était alors le gouverneur, jeta le trouble sur la première élection de son frère à la Maison Blanche.

Mais la plus retentissante affaire demeure celle liée à l’usage quasi systématique de la torture par la CIA après les attentats du 11-Septembre. Dossier brûlant qui est l'un des points noirs de la présidence de George W. et sur lequel Jeb Bush ne s’est pas encore publiquement prononcé.

Républicain "pragmatique"

Se définissant comme un républicain "pragmatique", le petit frère de George W. évite soigneusement de s’inscrire dans la ligne néoconservatrice qui colle à la peau de son aîné. L’homme se dit certes favorable à la peine de la mort et farouchement opposé à l’euthanasie ainsi qu’à l’avortement mais fait preuve d’un certain progressisme sur plusieurs questions de société. Marié depuis près de 40 ans à une Latino-Américaine et parlant couramment l’espagnol, Jeb Bush s’est maintes fois déclaré en faveur d’une régularisation de millions de sans-papiers. Au grand dam de l’aile dure de son parti.

Sans mandat électif depuis sept ans, Jeb Bush préside une fondation au sein de laquelle il plaide également pour une réforme du système éducatif dont les conservateurs du GOP ne veulent pas entendre parler. Un positionnement au centre qui fait de Jeb Bush l’un des candidats républicains les plus craints par les démocrates. D’autant que l’ancien gouverneur jouit encore d’une grande popularité en Floride, l’un des États qui peut faire basculer une élection.

Pour l’heure, les derniers sondages indiquent que Jeb Bush serait défait par Hillary Clinton dans un éventuel duel présidentiel en 2016. Mais sa popularité va croissante. Alors qu’il ne recueillait que 36 % des intentions de vote face à elle au début de l'année 2014, une enquête d’opinion publiée par la chaîne CNN le 22 décembre l’en crédite de 41 %.

 

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