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REPORTAGE - TUNISIE

Pour Ennahda, la démission de son Premier ministre prouve sa "valeur morale"

Rached Ghannouchi, le chef de file du parti islamiste tunisien Ennahda
Rached Ghannouchi, le chef de file du parti islamiste tunisien Ennahda AFP - Archive
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Vidéo par : Hamdi TLILI
3 mn

Le Premier ministre tunisien issu du parti islamiste Ennahda a été contraint à la démission le 9 janvier. Au sein de sa formation, les députés ne sont pas découragés et affirment avoir le soutien du peuple pour les prochaines élections. Reportage.

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Premier groupe politique au sein de l'Assemblée nationale tunisienne, le parti Ennahda a été contraint, sous la pression, à quitter le gouvernement après une crise politique de plusieurs mois. Conformément à un accord négocié par la classe politique, le Premier ministre, Ali Larayedh, a officiellement annoncé sa démission jeudi 9 janvier. Et ce, afin de permettre l'entrée en fonction d'un gouvernement provisoire chargé d'expédier les affaires courantes jusqu'aux élections, prévues en 2014.

Malgré cet échec, les dirigeants du parti ne se laissent pas abattre et regardent déjà vers l’avenir. "Il appartiendra au peuple tunisien de dire dans les prochaines élections si Ennahda a échoué ou pas. Ennahda a fait ce qu’elle pouvait et dans des conditions très difficiles et très particulières", a ainsi expliqué à FRANCE 24 Zied Ladhari, le porte-parole du parti islamiste.

Au sein de la formation politique, les députés ont adopté un seul mot d’ordre pour justifier ce départ. Ils soutiennent s'être seulement préoccupés du pays et non de leur parti. "On n'est pas sortis parce que c'est un désaveu, d'ailleurs la rue nous a demandé de rester. On s'est retiré parce qu'on s'est engagé à donner la priorité à l'intérêt national de la Tunisie", estime Meherzia Labidi, vice-présidente de l’Assemblée nationale constituante.

"Un crédit électoral pour le mouvement"

Dans les instances locales d’Ennahda, le discours est le même. Pour Abderrazak Trabelsi, un membre du bureau du quartier de Hrairia à l’Ouest de Tunis, il n’y a pas de regrets à avoir : "Le gouvernement, le pouvoir ce n'est pas un objectif en soi. Je ne vous cache pas qu'il y a quelques-uns de nos militants qui sont un peu déçus mais une bonne partie d'entre eux sait bien que c'est peut-être la bonne décision dans l'intérêt du pays".

Selon un autre militant, Nouri Jbeli, ce départ du gouvernement est même perçu comme un succès : "Je considère cette démission comme un crédit électoral pour le mouvement. C'est un crédit de confiance et de valeur morale peut-être un crédit positif en faveur du parti pour les prochaines élections. À cette étape, démissionner et quitter le pouvoir c'est ce qu'on appelle du réalisme politique".

À la suite de cette démission, Mehdi Jomaâ a été chargé, vendredi 10 janvier, de former un nouveau gouvernement devant conduire la Tunisie jusqu'à des élections en 2014. Elles devraient se tenir après l’adoption de la Loi fondamentale, qui devra recueillir les votes des deux-tiers des députés, faute de quoi un référendum sera organisé.
 

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