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TURQUIE

L'influent Gülen dénonce les dérives anti-démocratiques d’Erdogan

AFP | Une banderole à l'effigie d'Erdogan (à g.) et Gülen (à d.).
3 mn

Le torchon brûle entre le prédicateur musulman Fehtullah Gülen et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Dans un entretien, Gülen, fondateur du mouvement Hizmet, regrette les dérives anti-démocratiques de son ancien allié.

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Alors que la Turquie est agitée par une crise politique majeure, le prédicateur musulman Fethullah Gülen est sorti mardi 21 janvier de son silence pour se lancer dans une violente diatribe contre le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Dans un entretien accordé au "Wall Street Journal", il a accusé le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir d'avoir "inversé" le progrès démocratique depuis deux ans.

"Les citoyens turcs (...) sont mécontents que, au cours des deux dernières années, le progrès démocratique soit remis en cause", a-t-il déclaré.

Gülen, éxilé États-Unis depuis 15 ans, a notamment dénoncé la volonté du Premier ministre de faire rejuger les centaines d'officiers de l'armée qui avaient été condamnés à de lourdes peines de prison, en 2012 et 2013, après une tentative de coup d’État.

"Une large part de la population turque, y compris des membres du ‘Hizmet’ – le mouvement dont il est le fondateur – ont soutenu l'AKP (Parti de la justice et du développement, au pouvoir) pour ses réformes démocratiques, sa volonté de mettre un terme à la tutelle exercée par l'armée sur la politique et pour faire avancer la Turquie vers l'intégration européenne", a-t-il noté.

"Si [ces nouveaux procès] étaient organisés, cela constituerait un coup aux réformes démocratiques des dernières années", a estimé le prédicateur musulman.

Erdogan dénonce un "État dans l'État"

Autrefois alliés, l’AKP et le Hizmet sont aujourd’hui dos à dos. Erdogan accuse le mouvement de Gülen de fomenter un "complot" pour renverser son régime alors que se profilent les élections municipales en mars prochain et la présidentielle en août.

Le chef du gouvernement estime que la confrérie a mis la main sur une partie de la justice et de la police, constituant un "État dans l'État" pour manipuler des enquêtes judiciaires. Ces accusations visent notamment l'inculpation ou l'incarcération de dizaines de patrons, hommes d'affaires et élus proches du pouvoir pour corruption, fraude et blanchiment, depuis la mi-décembre.

Après ce coup de filet, Erdogan avait engagé en représailles des purges massives au sein de la police et renforcé son contrôle sur la justice, provoquant la colère de Gülen.

"Les mutations et les purges fondées sur l'idéologie, la sympathie ou l'opinion étaient une pratique du passé que le parti au pouvoir s'était engagé à arrêter avant d'arriver au pouvoir", a-t-il regretté.

Le Hizmet, qui chapeaute un puissant réseau d’écoles, de médias et de centres culturels, était un allié de poids pour l’AKP. Les deux entités se sont brouillées fin 2013 à la suite de la publication d’un projet de loi visant à supprimer les écoles privées, l’une des mannes principales de l’organisation du prédicateur musulman.

Avec AFP

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