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Pape Diouf, le fils adoptif de Marseille, dans la course à la mairie

AFP

L'ancien président de l'Olympique de Marseille, Pape Diouf, a décidé de se lancer en politique en se portant candidat à la mairie de la cité phocéenne. Ancien journaliste et agent de joueurs, ce Franco-Sénégalais a déjà eu plusieurs vies. Portrait.

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Après plusieurs semaines de suspense, Pape Diouf a dévoilé ses intentions politiques. L’ancien président de l’OM a annoncé, lundi 3 février, qu’il se portait candidat à la mairie de Marseille.

"Je suis candidat après mûre réflexion, ce n’est pas une mince entreprise que de convoiter le fauteuil municipal", a-t-il déclaré aux journalistes. Ni de gauche, ni de droite, Pape Diouf a choisi de conduire une liste d’ouverture, qui réunira des candidats issus de la société civile, des membres du collectif citoyen "Le Sursaut" et des élus du Modem.

"Ce rassemblement me paraît nécessaire", a-t-il souligné, car cette "ville a véritablement besoin d’être rénovée. Elle me semble mériter autre chose que cette image de violence et de pauvreté qui lui colle à la peau."

"Quand on a la conviction que la donne peut changer, oui je crois que c'est un devoir que de s'y coller. Je ne cherche pas à prendre des voix ni aux uns ni aux autres, la seule chose qui m'importe aujourd'hui, c'est de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière, de redonner à Marseille sa place", a ajouté le candidat aux élections municipales.

Un homme aux multiples casquettes

Arrivé dans la cité phocéenne à l’âge de 18 ans, Pape Diouf, né au Tchad de parents sénégalais, est devenu en quelques années un Marseillais. C’est son père, un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, qui l’a envoyé en France pour lui faire suivre une voie militaire. Mais le jeune Madaba Diouf n’a pas les mêmes ambitions. Après avoir suivi des cours à l’Institut d’études politiques d’Aix en Provence, il intègre les PTT, puis il entre comme pigiste au journal "La Marseillaise".

Ce géant de 1m90 commence par couvrir le basket, puis le football et l’Olympique de Marseille. Il est alors le seul journaliste noir de la rédaction. "Je voyais bien que je suscitais l’étonnement. On vérifiait souvent ma carte de presse. Pour certains, un Noir ne pouvait pas bien écrire", a-t-il confié dans une interview à "Jeune Afrique".

Devenu un spécialiste du ballon rond, il change ensuite de casquette et commence à organiser des jubilés pour des joueurs africains, comme Roger Milla. De fil en aiguille, il devient agent de joueurs et crée une véritable écurie de footballeurs "Mondial Promotion". Les plus grands de l’époque signent avec le Franco-Sénégalais : Marcel Desailly, William Gallas, Rigobert Song, Didier Drogba, Grégory Coupet ou encore Samir Nasri. Les contrats se multiplient et les caisses sont pleines. En 2004, son entreprise réalise un chiffre d’affaires de plus de 3,4 millions d’euros.

"Je suis le seul président noir"

Son talent pour les affaires finit par intéresser les dirigeants de l’Olympique de Marseille, qui lui proposent de devenir manager général du club. En 2005, il est même nommé président de l’équipe phocéenne. Un poste prestigieux qui ne l’empêche pas à l’époque de dénoncer le racisme qui sévit dans le football : "Je suis le seul président noir d’un club en Europe. C’est un constat pénible, à l’image de la société européenne et, surtout française, qui exclut les minorités ethniques".

Grande gueule, Pape Diouf se fait connaitre par ses décisions radicales. En 2006, il refuse d’envoyer les joueurs titulaires pour affronter le PSG en championnat lors de la 30e journée. Un coup d'éclat car il estime que le placement réservé aux supporters marseillais met en danger leur sécurité. Durant son mandat (2004-2009), il est aussi critiqué pour avoir laissé partir la star ivoirienne Didier Drogba à Chelsea et pour ne pas avoir remporté un seul titre. Il aura toutefois permis à l’OM de se maintenir en Ligue des Champions durant trois années.

Après s’être éloigné des terrains, Pape Diouf a depuis créé une école de journalisme à Marseille avec le présentateur Jean-Pierre Foucault. En 2013, il a fait de nouveau parler de lui en bousculant le monde du football avec une autobiographie intitulée "C’est bien plus qu’un jeu", dans laquelle il revient sur son parcours de l’Afrique à Marseille. Aujourd'hui, c'est la scène politique qu'il secoue avec sa candidature. Plutôt classé à gauche, Pape Diouf pourrait compliquer la tâche au socialiste Patrick Mennucci, à la tête d'une liste unique PS-Europe Ecologie-Les Verts, qui est de faire tomber le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin. Marseille, la troisième ville de France, sera l'un des grands enjeux des élections municipales des 23 et 30 mars prochain.

Avec AFP

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