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Holocauste : des victimes américaines demandent réparation à la SNCF

Rosette Goldstein, survivante de l'Holocauste
Rosette Goldstein, survivante de l'Holocauste AFP

Des survivants de la Shoah exigent que la SNCF soit exclue d'un appel d'offres aux États-Unis pour la construction d'une ligne ferroviaire. Selon eux, elle doit payer des réparations pour avoir transporté des juifs vers les camps de concentration.

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Des élus du Maryland ont entendu, lundi 10 mars, des survivants de l’Holocauste et leurs descendants. L’ancien déporté Leo Bretholz, qui avait réussi à se sauver en sautant d’un train en octobre 1942 en route vers Auschwitz, devait témoigner, mais il est décédé samedi 8 mars. Cet homme est à l’origine d’une pétition, qui a recueilli 150 000 signatures, exigeant que la société de transports française indemnise les victimes et leurs familles en raison de la participation de la SNCF au transport vers les camps de la mort. Entre 1942 et 1944, la compagnie, réquisitionnée par le régime de Vichy, a déporté 76 000 juifs dans des wagons. Environ 3 000 d’entre eux seulement ont survécu.

"Ils ont collaboré. Ils ont formé leurs employés pour garder les portes des wagons bien fermées", a ainsi raconté devant la Chambre du Maryland, à Annapolis, Rosette Goldstein dont le père est mort dans le camp de concentration de Langenstein-Zwieberge après avoir quitté la France depuis Drancy.

Pour Ellen Lightman, qui a perdu ses grands-parents à Auschwitz, la culpabilité de la SNCF ne fait pas non plus de doute : "Ils étaient payés par prisonnier, par kilomètre transporté. Il faut leur faire payer des réparations pour chaque prisonnier. Pour l’instant, tout ce qu’ils ont fait, ce sont des mots en l’air".

"Un rouage dans la machine de guerre nazie"

Kirill Reznik, un élu démocrate du Maryland soutient ces victimes de la Shoah. Il a déposé un texte de loi pour exiger que la SNCF indemnise ces personnes avant de pouvoir postuler à des appels d’offres. Si ce texte est adopté, il interdirait notamment à Keolis America, une filiale de la société française, de se porter candidate à un projet ferroviaire de six milliards de dollars dans cet État. Une injustice pour le groupe français, qui plaide que la déportation des juifs de France était le fait des nazis.

"Nous étions sous commandement allemand. Nous avons été un rouage dans la machine de guerre nazie. Nous avons agi sous une contrainte qui malheureusement était tellement forte qu’on ne pouvait pas y échapper", a ainsi justifié Alain Leray, le président de SNCF America.

La SNCF rappelle également que les faits de déportation relèvent de l'État français. Depuis février, des négociations entre Paris et Washington sont en cours pour que les victimes américaines, transportées par la SNCF pendant la guerre, ou bien leurs familles soient indemnisées. Environ 250 Américains seraient concernés, selon l’association Coalition For Holocaust Rail Justice.

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