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"La Cour de Babel" ou la diversité du monde dans une classe française

Pyramide Distribution

Dans les salles françaises mercredi, le documentaire "La Cour de Babel" suit durant une année le quotidien d'une salle de classe composée d'adolescents immigrés faisant l'apprentissage du français. Une ode au vivre-ensemble.

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Le documentaire "La Cour de Babel" de Julie Bertuccelli, sorti dans les salles françaises, mercredi 12 mars, retrace une année dans une classe d'accueil d'adolescents immigrés, un dispositif qui scolarise des collégiens de 11 à 15 ans d'une vingtaine de pays non francophones fraîchement arrivés en France.

Miroirs des difficultés de l'exil et ode au vivre-ensemble, ce film tourné en 2011-2012 dans le collège parisien de la Grange-aux-Belles (Xe arrondissement) se déroule dans le huis clos de la classe, montrant sans voix off ni sous-titrages des tranches de vie de jeunes venus du Sri Lanka, de Chine, du Venezuela, de Mauritanie ou d’Ukraine et s'exprimant dans un français plus ou moins hésitant.

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"Des mômes hyper courageux"

"C'était un peu un prétexte pour voir ce que c'est que de vivre ensemble quand on vient de tant de pays différents, qu'on a tant de religions, d'histoires personnelles, de trajectoires, de langues différentes, et comment l'apprentissage du français est un vecteur super fort d'intégration", explique à l’AFP la réalisatrice, qui confesse également avoir voulu montrer que "cette différence est une grande richesse, surtout aujourd'hui avec tous les discours nauséabonds qu'on entend".

"C'est des mômes hyper courageux. Ils ont traversé beaucoup de difficultés, ce qui les a rendus très matures", souligne Julie Bertuccelli, César du meilleur premier film pour "Depuis qu'Otar est parti". Il y a aussi "des filles souvent qui parlent de pays où elles sont maltraitées". Être ici "est une chance pour eux, ils le savent, ils ont une volonté incroyable de s'intégrer".

Jamais la caméra ne pousse la porte du domicile. Pas plus qu'elle ne suit les élèves quand ils commencent à étudier certaines matières avec leurs camarades français. On aperçoit peu l'enseignante Brigitte Cervoni, mais la voix de cette femme chaleureuse à la diction impeccable est omniprésente, qui tantôt guide, corrige, rassure les élèves, s'enquiert de leur vie d'avant et des différences avec la France, les recadre si besoin sans jamais s'emporter.

Les élèves se confient à leur professeur, pas à la caméra. "C'est de la dentelle, ce genre de montage", indique Julie Bertuccelli, concédant qu'il a fallu faire des choix cornéliens pour retenir 1 heure 30 d'une année.

Dans un cocon

Au gré des entretiens de l'enseignante avec les proches des jeunes exilés, s'esquisse leur passé parfois chaotique. "Elle n'a pas de problème", assure la femme qui accompagne la Guinéenne Djenabou, 11 ans convoquée après un problème de comportement. Mais qui est cette femme au juste ? Apparemment, la cousine de la tante à qui sa mère avait confié Djenabou. Progressivement, on comprend que la "gamine-qui-n'a-pas-de-problème" a été ballottée entre plusieurs pays et adultes.

Certains affichent des résultats brillants comme la Roumaine Andromeda, d'autres décevants comme le Serbe Marko. "Je n'ai pas le temps", explique-t-il. Venu parce que sa famille juive était menacée par des néo-nazis, il est accaparé par les dossiers de demande d'asile, seul à même de les remplir.

Retrouveront-ils ensuite la bienveillance qui règne dans le cocon de leur classe d'accueil ? En les quittant, Brigitte Cervoni, devenue inspectrice, dit qu'on n'oublie jamais ses derniers élèves. Les spectateurs devraient aussi en garder un souvenir fort.

Avec AFP

 

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