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Dans la presse

"Garder la tête froide"

France 24
4 mn

Presse internationale, Mardi 18 mars 2014. Au menu de cette revue de presse, l’attente des habitants de la Crimée, en pleine «russification», la position de la Chine dans cette crise, et la Libye, menacée d’éclatement.

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On commence cette revue de presse en Crimée. Après le plébiscite de dimanche, le Parlement a voté, hier, le rattachement à la Fédération russe et la nationalisation des biens de l'Etat ukrainien.
 
La «russification» de la Crimée est en cours, écrit The Washington Post, qui rapporte que la région a déjà adopté la monnaie russe, le rouble, et avancé ses horloges d’une heure, pour être sur le même fuseau horaire que Moscou. Tout va très vite, au point que les habitants eux-mêmes semblent un peu dépassés par ce qui est en train de se passer: «pour le moment, nous avons plus de questions que de réponses», explique un cafetier de Simferopol, qui ne sait plus à quelle licence se vouer. «Quelque chose va se passer, mais on ne sait pas quoi», ajoute un soldat dans une caserne de Belbek, près de Sébastopol. Les soldats de Crimée pourraient se voir offrir la possibilité de choisir entre l’armée russe et l’armée ukrainienne.
 
La presse internationale s’intéresse également à la position de la Chine dans cette crise. Elle s'est abstenue lors du vote au Conseil de sécurité de l'ONU d’une résolution condamnant le référendum en Crimée. Une abstention que The Wall Street Journal juge «surprenante» de la part d’un pays qui aime afficher son attachement au principe de souveraineté. Le quotidien ironise sur l’argument utilisé: «des facteurs historiques et pratiques complexes». Le Tibet, le Xinjiang, et la Mongolie, ne pourraient-ils pas eux aussi invoquer des «facteurs complexes» pour expliquer leurs aspirations sécessionnistes? Pour The Wall Street Journal, la position chinoise revient à soutenir de fait la Russie, dont la Chine partagerait «la hantise d’un soulèvement démocratique».
 
Mal à l’aise dans la crise ukrainienne, la Chine tente de sauver la face en jouant les juges de paix. L’édito du China Daily appelle les uns et les autres à «garder la tête froide». «La proposition de Barack Obama de trouver une solution diplomatique permettant une désescalade à la crise est une bonne proposition, mais le fardeau ne peut pas peser sur les seules épaules de la Russie. Chacun doit y mettre du sien».
 
Plus offensive, une tribune publiée dans The Moscow Times affirme que ce sont les Occidentaux eux-mêmes qui sont responsables de ce qui est en train de se produire. L’Occident aurait montré trop de faiblesse à l’égard de Poutine, en l’autorisant à laisser libre cours à son agressivité, en le confortant dans la croyance que c’est la force, et non la loi, qui doit régir les relations internationales.
 
En Méditerranée, un pétrolier transportant du pétrole acheté illégalement aux rebelles libyens a finalement été saisi au large de Chypre par les forces spéciales américaines. C’est une opération qui s’est déroulée dans la nuit de dimanche à lundi, d’après The Wall Street Journal.
 
La Libye, un pays «au bord du gouffre», pour The Guardian, qui évoque un vrai risque d’éclatement, et appelle les Occidentaux, qui ont agi de façon décisive lors de la révolution, à poursuivre le travail, à aider la Libye à trouver son chemin, à trouver enfin la paix.
 
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