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CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN

Le propre fils de Mahmoud Abbas ne croit plus à la solution à deux États

AFP
3 mn

Dans un entretien accordé au "New York Times", Tarek Abbas, le fils du président de l’Autorité palestinienne, recommande à son père d'opter pour la solution d’un État binational, dans lequel juifs et arabes seraient des citoyens égaux.

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Dans un entretien accordé au "New York Times", Tarek Abbas, le plus jeune des trois fils du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, prend le contre-pied de son père. Âgé de 48 ans, le businessman, implanté à Ramallah, recommande à son père de renoncer à la solution à deux États et d'abandonner les négociations avec l’État hébreu qui, selon lui, n’acceptera jamais la création d’un État palestinien. Tout un programme.

Pragmatique, Tarek Abbas lui conseille plutôt d’opter pour la solution d’un État binational, dans lequel juifs et arabes seraient des citoyens égaux, plus tôt qu’aucun État du tout, rapporte le quotidien américain. “Si vous ne voulez pas me donner l’indépendance, au moins donnez-moi des droits civils ”, a-t-il déclaré au "NYT". "C’est un moyen plus facile et pacifique. Je ne veux rien lancer, je ne veux haïr personne, je ne veux tirer sur personne, je veux être dans la légalité et être protégé par la loi", a-t-il ajouté.  En résumé, il choisit de renoncer à l’indépendance de la Palestine en échange de droits et de devoirs égaux avec les Israéliens.
 
Tarek Abbas, qui n'a aucune responsabilité politique, explique qu’il s’est converti à la solution d’un État binational il y a deux ans, car il s’est lassé de vivre sous occupation israélienne. "Je crois qu’ils disposent d’une trentaine de génies, qui se rencontrent tous les matins avec pour seul objectif : comment va-t-on compliquer la vie des Palestiniens aujourd’hui ?, raconte-t-il. Et ils arrivent toujours à nous surprendre, à chaque fois on se dit comment est-ce que cela peut-être pire, mais ils arrivent à nous surprendre".
 
Une solution utopique qui trouve peu d’écho en Israël
 
Ce plaidoyer en faveur de la création d’un État binational pour résoudre le conflit israélo-palestinien n’a rien d'unique. Le débat sur cette question a toujours existé au sein de la société palestinienne. Ainsi, de sa création en 1964 jusqu’en 1974, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) prônait l’intégration des deux peuples arabe et juif dans un seul État, à condition qu’il soit laïc et démocratique.
 
Le "New York times" rappelle que, selon un sondage publié en décembre dernier par le Centre palestinien d’études et de recherches, environ un tiers des Palestiniens expriment un intérêt pour la création d’un État binational, qui s’étendrait du Jourdain jusqu’à la Méditerranée. Notamment chez les moins de 45 ans, laissant paraître un désaccord générationnel inter-palestinien, puisque selon le même sondage, 65% des plus de 50 ans continuent de croire à la solution à deux États.
 
Toutefois, cette solution paraît aussi idéaliste qu’utopique tant elle trouve peu d’écho en Israël. En 2011, le Premier ministre Benjamin Netanyahou, selon des propos rapportés par les médias israéliens, avait prévenu qu’un État binational "serait une catastrophe" pour le pays. Les détracteurs de cette solution redoutent, en effet, que les juifs ne deviennent minoritaires dans un tel État sous les effets d’une démographie favorable aux Palestiniens. Une perspective qui sonnerait le glas de l’État juif, tel qu’il existe aujourd’hui.
 

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