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MUNICIPALES

Turquie : violences meurtrières lors d'un scrutin test pour Erdogan

AFP
3 mn

Des affrontements ont fait au moins huit morts dimanche en Turquie, en marge des élections municipales cruciales pour l’avenir du gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre Erdogan confronté à des accusations de corruption.

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C'est un scrutin local qui prend des allures de référendum pour le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan, qui dirige la Turquie depuis 2002. Près de 53 millions d'électeurs turcs sont appelés aux urnes, dimanche 30 mars, pour des élections municipales déterminantes pour l'avenir politique du régime du Premier ministre, englué dans des scandales de corruption et d'écoutes téléphoniques. Le chef du gouvernement a également été fragilisé par une importante contestation populaire au printemps 2013.

"Les élections du week-end sont capitales", reconnaît un responsable gouvernemental turc, cité par Reuters. "Les résultats à Ankara et Istanbul donneront de sérieuses indications sur l'avenir du gouvernement et sur les décisions concernant l'élection présidentielle et des législatives anticipées. Les premiers chiffres sont attendus dans la soirée. Tout le monde sait que lors de cette élection, les gens ne vont pas voter pour des partis, mais pour ou contre Erdogan et ses adversaires", dit-il en insistant pour rester anonyme.

Mais depuis la mi-journée, la tension autour du scrutin est montée d’un cran avec des heurts qui ont fait au moins huit morts. Six personnes ont été tuées dans une fusillade entre deux familles du village de Yuvacik, dans la province orientale de Sanliurfa, proche de la Syrie. Dans le village de Golbasi, situé dans la province de Hatay qui borde également la Syrie, une autre fusillade entre des partisans de candidats rivaux a fait deux morts.

Erdogan accuse l'imam Gülen de complot

Ancien maire d'Istanbul, Recep Tayyip Erdogan a bien compris les enjeux du scrutin. Il a multiplié les meetings à travers le pays pour soutenir les candidats du Parti de la justice et du développement (AKP) et lancer ses piques contre Fethullah Gülen, l'influent prédicateur exilé aux États-Unis qu'il voit derrière le "complot" ourdi contre son gouvernement.

"Si l'AKP perd Istanbul, (Erdogan) est en mauvaise posture", souligne Yavuz Baydar, éditorialiste du quotidien "Today's Zaman", qui dit percevoir une défiance croissante dans les rangs du parti envers le Premier ministre. Certains n'ont d'ailleurs pas attendu, comme le président Abdullah Gül, qui n'a pas ménagé ses critiques après le blocage du réseau social Twitter, la semaine dernière, une décision de justice téléguidée par le Premier ministre qu'il a jugée "inacceptable".

Si l'AKP réitère ou améliore son score de 40% obtenu aux dernières municipales, en 2009, et conserve Istanbul et Ankara,il y a tout lieu de penser qu'Erdogan se sentira en position deforce pour se porter candidat à la première présidentielle au suffrage universel direct du pays, en août prochain.

En l'absence de sondages fiables, il est impossible de prédire l'issue du scrutin. Mais après trois échecs dans les urnes, la principale formation d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), veut croire que les Turcs vont sanctionner le pouvoir pour sa réaction brutale aux manifestations de l'été dernier, la purge de la justice et de la police ou le blocage de Twitter pour tenter d'étouffer les scandales.

Avec AFP et Reuters

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