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Retrait des soldats tchadiens : "Les musulmans de Centrafrique sont inquiets"

Capture d'écran FRANCE 24

Interrogé par FRANCE 24, le chef de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), Jean-Marie Michel Mokoko, revient sur le retrait du contingent tchadien, qui prend l'Union africaine de court et inquiète les musulmans.

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Interrogé par FRANCE 24, Jean-Marie Michel Mokoko, le chef de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique, est revenu sur le retrait du contingent tchadien des forces de l’Union africaine, le plus important de tous. Un départ qui risque d’influer sur la situation.

"Les populations musulmanes sont inquiètes et voyaient un peu dans le contingent tchadien leurs protecteurs. Leur départ, notamment dans la région de Bossangoa, va être difficile pour les populations et nous nous attendons à ce qu’il y ait des départs", explique le chef de la Misca.

Le Tchad, régulièrement accusé de prendre parti en faveur des rebelles de la Séléka, composés essentiellement de musulmans, avait annoncé début avril le retrait de ses troupes, dénonçant "une campagne gratuite et malveillante" contre ses troupes. Le retrait des 850 soldats tchadiens présents en Centrafrique représente une perte non négligeable pour la Misca, qui compte aujourd'hui 6 000 soldats, épaulés des 2 000 militaires français de la force Sangaris.

L'Union africaine prise de court

S’exprimant à l’issue d’une rencontre avec le ministre de la Défense tchadien, Jean-Marie Michel Mokoko regrette une décision qui prend l’Union africaine de court. "On avait souhaité que cela se fasse dans des délais qui nous auraient arrangés", explique Jean-Marie Michel Mokoko. "Mais apparemment, la décision est irrévocable et immédiate. Dès qu’ils seront en mesure de quitter le territoire centrafricain, ils le feront", affirme-t-il, inquiet.

Car pour l’Union africaine, le retrait soudain des soldats tchadiens n’est pas sans conséquences. "On a quand même un bataillon qui fait défaut désormais. Or, je n’ai pas le temps de générer en très peu de temps, autant de monde qui puisse se substituer aux Tchadiens", déplore-t-il.

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