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PAUVRETÉ

Les 67 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié de la planète

AFP
4 mn

L'ONG de lutte contre la pauvreté Oxfam a tiré la sonnette d'alarme mercredi sur l'aggravation des inégalités économiques dans le monde, demandant au FMI et à la Banque mondiale de passer de la rhétorique aux actes.

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Le chiffre fait froid dans le dos. Selon un nouveau rapport de l’ONG de lutte contre la pauvreté Oxfam, 67 personnes dans le monde possèdent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population, estimée à 3,5 milliards de personnes.

Pour bien comprendre la portée de ce chiffre, le magazine "Forbes" l’a concrétisé : chacune de ces 67 personnes, écrit le journal, "vaut" en moyenne 52 millions d’individus en partant du plus bas de la pyramide des richesses mondiales. "Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, avec une fortune estimée à 76 milliards de dollars, 'vaut' à lui tout seul 156 millions de personnes", écrit le magazine. Ce petit cercle des super-riches compte entre autres 42 Américains, six Allemands, et six Russes.

Un système économique "faussé"

"Les inégalités extrêmes se sont aggravées", a affirmé l'organisation mercredi 9 avril. Elle avait déjà livré au mois de janvier d’autres chiffres choc : "près de la moitié des richesses mondiales réside entre les mains des 1 % les plus riches, tandis que 99 % de la population mondiale se partagent l'autre moitié", expliquait alors l’ONG.

Une tendance qui ne devrait pas aller en s’améliorant. Bien au contraire, si l'on regarde l'exemple américain. "Aux États-Unis, les 1 % les plus riches ont confisqué plus de 95% de la croissance post-crise financière depuis 2009, tandis que les 90 % les moins riches se sont appauvris", écrivait Oxfam dans son rapport en dénonçant un système "faussé".

Selon l'ONG, il devient donc très urgent de passer de la rhétorique aux actes pour réduire ce fossé social. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, qui tiennent leur assemblée générale cette semaine à Washington, doivent faire des inégalités sociales une priorité, estime encore Oxfam. "Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, ont abondamment parlé des dangers posés par l'explosion des inégalités. Cette semaine, nous devons voir des actions concrètes pour appuyer cette rhétorique", a plaidé Raymond Offenheiser, président d'Oxfam America.

"L’austérité aggrave les inégalités"

Sur le papier, le FMI et la Banque mondiale font bonne figure. Le premier a récemment publié deux rapports soulignant les méfaits des inégalités sur l'économie. Le second s'est, lui, fixé l'objectif de doper les revenus des 40% les plus pauvres partout sur le globe. Insuffisant, juge Oxfam. Ces deux institutions doivent désormais "changer" leurs recommandations et leur politique de prêt à leurs États membres, en plaidant pour davantage d'investissements dans la santé et l'éducation.

Gardien de l'orthodoxie budgétaire, le FMI défend traditionnellement les coupes dans les dépenses publiques et la réduction des déficits. "L'austérité aggrave les inégalités et le FMI et la Banque mondiale le savent bien", assure Oxfam, qui appelle également le Fonds à reconnaître que les stratégies d’optimisation fiscale des multinationales sont l'un des "moteurs" des inégalités.

Avec AFP

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