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La vente d'objets personnels d'Hitler à Paris finalement annulée

AFP - Vente aux enchères d'un album photo d'Adolf Hitler à la Roche-sur-Yon, le 22 novembre 2013

Après la protestation d’associations juives, le Conseil des ventes a annulé les enchères d'objets ayant appartenu à Adolf Hitler et Hermann Goering, prévues fin avril à Paris.

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La vente aux enchères "Prises de guerre de la 2e D.B. du Général Leclerc au Berghof d'Hitler le 5 mai 1945" n’aura finalement pas lieu. La maison d'enchères Vermot de Pas "a décidé de retirer de la vente ces lots qui étaient de nature à choquer les uns et les autres", a ainsi annoncé Catherine Chadelat, présidente du Conseil des ventes volontaires (CVV), autorité de régulation des ventes publiques.

"Je me félicite de cette décision, nécessaire au regard de l'Histoire et de la morale", a réagi à l'AFP la ministre de la Culture Aurélie Filippetti qui avait saisi le commissaire du gouvernement près du Conseil des ventes volontaires (CVV) pour lui demander l'annulation de cette vente comprenant des objets ayant appartenu à Hitler et Goering.

Cette demande faisait suite aux protestations de deux organisations juives.
Après le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), le Crif avait jugé à son tour "obscène" la vente d'objets ramenés par des combattants français du général Leclerc. Ces soldats avaient été les premiers à monter au Berghof, le repaire montagnard d'Hitler, le 4 mai 1945. "Le Crif souhaite que les objets et livres dits "prise de guerre" de la 2ème D.B. [division blindée, NDLR] (...) soient retirés de la vente", avait-il écrit dans un communiqué.

Le Crif estime que cette vente, qui présente une quarantaine d'objets provenant de la résidence d'Adolf Hitler dans les Alpes bavaroises et de la maison voisine où s'était installé Hermann Goering, "porte atteinte à la mémoire des victimes de la barbarie nazie". "Faire commerce public de ce type d'objet consiste à leur donner une valeur symbolique malsaine qui s'apparente à du cynisme et à une forme d'indécence morale", poursuit le Crif, qui avait demandé « à la ministre de la Culture et de la communication de se prononcer sur cette vente". Avant le Crif, le BNVCA avait demandé aux ministres de l'Intérieur et de la Culture et au préfet de police de Paris de tout mettre en œuvre pour "interdire cette vente et faire saisir les objets".

Vente de croix gammées interdite

De son côté, l'expert Yves Salmon s'était déclaré surpris par la demande d'interdiction de la vente. L'étude a pris le soin de demander au préalable son avis au Conseil des ventes, autorité de régulation des ventes publiques, avait fait valoir M. Salmon. Le CVV "a confirmé que nous pouvions vendre" ces objets "à condition de ne pas exposer publiquement ceux contenant une croix gammée", a-t-il dit.

"Je suis tranquille. Je ne vois pas pourquoi on interdirait cette vente alors que le CVV a donné son aval", avait-il également affirmé avant l’annonce de cette annulation.
M. Salmon, qui avait quatre vendeurs pour la session du 26 avril, avait déjà organisé sans problème en novembre en Vendée la dispersion de quatre livres pris à Berchtesgaden, appartenant à Paul Gerbi, un ancien de la 2e D.B. Ils avaient tous été achetés par une jeune femme.

"On ne peut pas savoir qui achète. Ce peut être des collectionneurs, des institutions, des néo-nazis...", avait souligné M. Salmon.

Avec AFP
 

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