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Reporters

Drones : une révolution militaire

Les drones, ces avions sans pilote, discrets et économiques, font la fierté d’une trentaine d’armées dans le monde. Mais ces vaisseaux télécommandés sont également critiqués à cause des dommages collatéraux occasionnés sur le terrain. Nos reporters aux États-Unis vous proposent un reportage exceptionnel tourné dans une base de l’armée américaine au Nouveau-Mexique.

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Historiquement, il y a certaines armes dont l'apparition a changé en profondeur la façon qu'ont les hommes de faire la guerre. L'invention de la poudre et les premières armes à feu font partie de ces grandes révolutions de l'art de la guerre. Ensuite, l'arme atomique, bien entendu, a considérablement modifié les stratégies. Et de nos jours, les drones, à leur manière, marquent sans doute une nouvelle révolution dans les conflits armés.

Quasi absents des terrains de combat au début des années 2000, ces appareils sans pilote sont devenus, avec les guerres en Irak et en Afghanistan, une pièce centrale du jeu militaire, d'abord pour les Américains, puis à travers le monde.

Les États-Unis disposent aujourd'hui de plus de 8 000 drones, selon plusieurs estimations. Des chiffres difficiles à vérifier, puisque l'US Air Force, l'US Army ou encore la Navy ont chacun leur propre flotte – sans oublier, bien sûr, la CIA, qui communique très peu sur son programme de drones.

Sur la base d'Holloman, au Nouveau-Mexique, où nous nous sommes rendus pour tourner ce reportage, nous avons pu constater que 700 pilotes de drones sont en train d’être formés pour l'US Air Force. Les États-Unis forment désormais plus de pilotes de drones que de pilotes embarqués !

Pourquoi un tel engouement des militaires pour les drones ? Le Predator et le Reaper par exemple, fabriqués par General Atomics et largement utilisés par les États-Unis, peuvent rester entre 20 et 24 heures en vol. Ils peuvent ainsi assurer une surveillance aérienne quasi permanente d'un terrain de guerre, très appréciable pour les soldats au sol. À plusieurs kilomètres d'altitude, un drone pourra voir de manière très stable et très précise  des détails stratégiques, fixes ou mobiles, sur le terrain. Enfin sur le plan finacier, un drone et son équipage coûtent beaucoup moins cher à l'achat et à l'entretien qu'un appareil traditionnel comme un avion de chasse.

À cela s'ajoute enfin les fonctions d'attaque des drones. Pour une raison difficilement explicable, en temps de paix, une attaque de drone sur un territoire étranger est considérée comme plus acceptable par la communauté internationale qu'un raid aérien classique. Les opérations régulières de drones américains dans des pays qui ne sont pas officiellement en guerre avec les États-Unis soulèvent d'ailleurs peu de réactions au sein de l’opinion publique américaine ou internationale, que ce soit au Yémen ou au Pakistan. Même si sur le terrain, les dommages collatéraux sont pointés du doigt par les autoriés locales.

Conséquence de ces avantages opérationnels, beaucoup de pays cherchent désormais à s'équiper. Les Français, qui avaient déjà le drone Harfang, viennent d'acquérir deux drones Reaper américains, avant d'agrandir éventuellement leur flotte. Les industriels européens réfléchissent désormais à fabriquer des produits équivalents. Selon les chiffres rassemblés par le service de recherche du Congres américain, en 2012, une trentaine de pays disposaient déjà de grands drones militaires.

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