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Quand la police de New York recrutait des informateurs musulmans

AFP - Poste mobile de la police de New York devant la nouvelle tour du Word Trade Center.

Le "New York Times" a retrouvé des immigrés, pour la plupart musulmans, ayant travaillé comme informateurs pour la police de la ville quelques années après les attentats du 11-Septembre.

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La police de la ville de New York a recruté des immigrés, musulmans pour la plupart, comme informateurs quelques années après les attentats du 11 septembre 2001, révèle le "New York Times", dimanche 11 mai.

Parmi les personnes engagées, le quotidien, qui a pu interroger des policiers en activité et à la retraite, cite un vendeur de rue venu d'Afghanistan, un chauffeur de limousine originaire d'Égypte et un étudiant en comptabilité du Pakistan. La plupart avaient été arrêtés pour des infractions mineures quand ils ont été sollicités par la police.

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Les inspecteurs chargés du recrutement appartiennent à une unité du nom de "Citywide Debriefing Team", toujours en activité. Durant le premier trimestre de cette année, cette division du contre-terrorisme a réalisé 220 entrevues auprès d’immigrés, précise le "New York Times".

Cette révélation intervient alors que la police new-yorkaise a annoncé, au début d’avril, avoir dissous une unité secrètement mise en place au lendemain du 11-Septembre afin d’espionner la communauté musulmane de la ville.

John Miller, un des responsables de la "Citywide Debriefing Team", justifie la création de ce service de renseignement par le besoin urgent de disposer d'informations après les attentats du 11-Septembre. "Nous recherchions des gens qui pouvaient nous donner une ouverture sur le monde du terrorisme, indique-t-il au quotidien. On n'obtient pas d'information sans parler aux gens."

"Connaissez-vous ces gens d’Al-Qaïda ?"

D’après le "New York Times", de nombreux musulmans interrogés ont dit s'être sentis obligés de coopérer. Le journal cite par exemple le cas d'un Afghan, Bayjan Abrahimi, arrêté en 2009 pour un différend lié à un problème de stationnement.

Ce vendeur de nourriture dans la rue raconte que les policiers l'ont interrogé au sujet d'Al-Qaïda. "Connaissez-vous ces gens ?", lui ont-ils demandé. L’homme a également été interrogé sur la mosquée qu'il fréquentait, la nationalité des autres musulmans qui y priaient et sur son frère chauffeur de taxi en Afghanistan.

À la fin, on lui a demandé s'il était d'accord pour collecter des renseignements dans les mosquées et se rendre éventuellement en Afghanistan. Il dit avoir accepté par peur de sanctions. Après sa libération, il n'a plus entendu parler des inspecteurs qui l'avaient interrogé. Mais l’ancien informateur affirme être encore perturbé par toute cette affaire.

Avec Reuters
 

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