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Festival de Cannes

La Palme d'or revient au Turc Nuri Bilge Ceylan pour "Sommeil d'hiver"

AFP - Nuri Bilge Ceylan (au centre)

Le jury présidé par Jane Campion a décerné la Palme d'or au Turc Nuri Bilge Ceylan pour son très beau (et très) long-métrage "Sommeil d'hiver". Le vieux briscard Jean-Luc Godard et le surdoué canadien Xavier Dolan se partagent le Prix du jury.

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Il dure 3 heures 15, s’appelle "Sommeil d’hiver", est signé du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan et se passe la grande majorité du temps dans le clair obscur d’une pièce éclairée par un feu de cheminée. La Palme d’or décernée, samedi 24 mai, par le jury de Jane Campion ne va certainement pas aider Cannes à se départir de son image de festival par trop élitiste.

En montant sur la scène du Grand Théâtre Lumière, le lauréat n’affichait pas, en outre, la mine de l’heureux gagnant. L’air grave, le réalisateur a rendu hommage à la jeunesse turque et aux manifestants tués durant les émeutes stambouliotes de l’été 2013. Un peu comme Abdellatif Kechiche l’avait fait l’année passée pour la jeunesse tunisienne…

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Qu’on ne s’y méprenne pourtant pas, "Sommeil d’hiver" n’est pas le film ennuyeux que son titre et sa durée pourraient suggérer. C’est beau, bien écrit, captivant, parfois agaçant, un brin narcissique et très très sévère à l’égard de la bourgeoisie intellectuelle turque, dont le réalisateur est issu. Il n’empêche, la Palme 2014 témoigne du grand académisme des jurés. Tout comme le prix de la mise en scène décerné à Bennett Miller pour la très classique tragédie américaine "Foxcatcher" et celui du scénario attribué à Andrei Zviaguinstev et Oleg Negin pour l’écrasant et très alcoolisé drame russe "Leviathan".

La surprise du chef est venue, cette année, du Grand prix, sorte de médaille d’argent de la compétition, qui est revenu au modeste "Le Meraviglie" de l’Italienne Alice Rohrwacher. Mais la vraie trouvaille de ce palmarès est le Prix du jury partagé entre le mélo familial "Mommy" du benjamin de la compétition Xavier Dolan, 25 ans, et l’essai expressionniste "Adieu au langage" du doyen Jean-Luc Godard, 83 ans. 

Cinquante-huit années séparent les deux cinéastes mais leur cinéma, finalement, ont le même âge, semblent nous dire les jurés. C’est en tous cas la première fois que le réalisateur helvète se voit décerner un prix à Cannes (qu’il n’est d’ailleurs pas venu chercher). Il n’est jamais trop tard.

Mehdi Chebil

Du côté des prix d’interprétation, le jury a légitimement récompensé l’Américaine Julianne Moore pour son rôle dans"Maps to the Stars" de frapadingue actrice hollywoodienne obsédée par son déclin. Chez les messieurs, c’est le Britannique Timothy Spall qui a reçu les honneurs pour son épatante interprétation du peintre J.M.W. Turner dans le film éponyme de son compatriote Mike Leigh.

Autre surprise de ce palmarès, l’absence des frères Dardenne. Pour la première fois dans l’histoire du festival, les deux Belges, lauréats de deux magnifiques Palmes, repartent bredouille de la Croisette. Loin d’être leur meilleur film, "Deux jours, une nuit" aurait pourtant pu valoir un prix à son actrice Marion Cotillard, dont c’est le troisième successif passage infructueux à Cannes. Aura-t-elle droit à une quatrième tentative l’année prochaine ?

Parmi les grands oubliés du verdict, notons l’intelligent et élégant film gigogne "Sils Maria" du Français Olivier Assayas, servi par le miraculeux duo d’actrices Juliette Binoche et Kristen Stewart, et "Timbuktu" du Mauritanien Abderrahmane Sissako, magnifique chronique de la terreur djihadiste au Nord-Mali. 

Le palmarès :

Palme d'or : "Sommeil d'hiver", de Nuri Bilge Ceylan
-Grand Prix : "Le Meraviglie" ("Les Merveilles"), d'Alice Rohrwacher
-Prix de la mise en scène : Bennett Miller, pour "Foxcatcher"
-Prix du jury : "Mommy", de Xavier Dolan, et "Adieu au langage", de Jean-Luc Godard
-Prix du scénario : Andrey Zvyangintsev et Oleg Negin pour "Leviathan"
-Prix d'interprétation féminine : Julianne Moore dans "Maps to the Stars"
-Prix d'interprétation masculine : Timothy Spall dans "Mr. Turner"
-Palme d'or du court métrage : "Leidi", de Simon Mesa Soto

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