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TUERIE DE BRUXELLES

Mehdi Nemmouche et Mohamed Merah, de la prison à la radicalisation

AFP | Mohamed Mehra, à gauche, et Mehdi Nemmouche.
5 mn

À l’instar de Mohamed Merah, le tueur de Toulouse, Mehdi Nemmouche, le suspect numéro un de l’attaque de Bruxelles, a sombré dans la petite délinquance et la radicalisation. Tous deux étaient fichés par les services de renseignements.

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Le parallèle saute aux yeux : comme Mohamed Merah, le tueur de Toulouse en 2012, Mehdi Nemmouche souhaitait garder une trace vidéo de ses assassinats. Le suspect numéro un dans l’attaque du Musée juif de Bruxelles avait, dans ses affaires, une caméra portative destinée à filmer ses tueries.

C’est, du moins, la théorie du procureur de Paris François Molins qui a expliqué, dimanche 1er juin lors d’une conférence de presse, que les forces de l’ordre avaient retrouvé une vidéo dans un fichier caché de l’appareil photo numérique Nikon de Mehdi Nemmouche. Le jeune homme n’apparaît pas dans le film, précise le procureur, mais une voix attribuée au suspect y évoque la tuerie de Bruxelles et déplore surtout la panne de sa caméra GoPro.

Vidéo du tueur présumé au Musée juif de Bruxelles

En 2012, le jeune Mohamed Merah, avait filmé l’assassinat de militaires à Toulouse et à Montauban, et, enfin, celui des enfants et d’un enseignant de l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse. Le "tueur au scooter" souhaitait voir diffusées ses vidéos par Al-Jazira, ce que la chaîne qatarie a finalement refusé.

Merah et Nemmouche pistés par les services antiterroristes

Autre élément troublant : les deux hommes étaient tous les deux dans le collimateur de la DGSI (ex-DCRI, les services de renseignement français). Ils n’ont pourtant jamais été inquiétés par les services antiterroristes. En 2012, ces derniers ont été vivement critiqués pour ne pas avoir empêché le passage à l’acte de Mohamed Merah. Deux ans plus tard, le scénario semble se répéter.

Mehdi Nemmouche n’est en effet pas non plus inconnu des autorités françaises. Lors d’un séjour en prison, il avait été une première fois signalé par les autorités pénitentiaires pour son prosélytisme extrémiste. Une autre alerte à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) est arrivée d’Allemagne, en mars dernier. Contrôlé par la police allemande, il revenait tout juste d’un voyage en Malaisie, après avoir passé plus d’un an en Syrie. Les services français ont ensuite rapidement perdu sa trace. Jusqu’à ce que, deux mois plus tard, il soit arrêté lors d’un contrôle "fortuit" à Marseille, une semaine après l’attaque du Musée juif de Bruxelles.

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Enfance difficile, placement en foyer, petite délinquance

Au delà de la similitude du geste meurtrier, Mohamed Merah et Mehdi Nemmouche affichent un profil social similaire. Tous deux ont connu une enfance difficile : Mohamed Merah est placé très jeune en foyer d’urgence, face à la passivité de sa mère et après avoir subi les coups de son grand frère. Même détresse pour le jeune Mehdi Nemmouche. Il n'a jamais connu son père et a été lui aussi placé "dès l'âge de trois mois" en foyer "à la suite de carences éducatives" de sa mère, puis "ballotté "de maison d'accueil en maison d'accueil" avant d'être confié à sa grand-mère à 17 ans, a relaté à l’AFP son ancienne avocate, Maître Soulifa Badaoui.

Adolescents, les deux jeunes commettent de petits larcins avant de passer à la délinquance puis tomber dans l’islam radical. À 17 ans, Merah était connu des services de police de la Ville rose pour de "petits délits". Après une quinzaine de comparutions devant le juge, le jeune Toulousain séjourne deux fois en prison en 2007 et 2009. Il a alors 21 ans. Certains de ses proches affirment que c’est lors de ces détentions qu’il s’est radicalisé.

Lui aussi délinquant multirécidiviste, Mehdi Nemmouche a été condamné à sept reprises entre 2004 et 2009 pour plusieurs tentatives de vols aggravés, des conduites sans permis et des refus d’obtempérer. Il se serait également radicalisé au cours de ses divers séjours en prison aux contacts de prédicateurs salafistes, selon le procureur de la République François Molins.

Images du tueur présumé dans la rue 2

Séjours à l’étranger

Lors de sa dernière période de détention, dans le sud de la France, entre 2007 et 2012, Mehdi Nemmouche apparaît les cheveux noirs coupés courts, avec une fine moustache et une fine barbe. Derrière les barreaux, il s’est "illustré par son prosélytisme extrémiste, fréquentant un groupe de détenus islamistes radicaux et faisant des appels à la prière collective en promenade", a expliqué le procureur.

À leur sortie de prison, Nemmouche, comme Merah, quitte la France. Celui qui commettra sept meurtres à Toulouse en 2012 se rend en Afghanistan et au Pakistan "au sein de mouvements salafistes", d’après ce qu’avaient laissé entendre, à l’époque, les autorités françaises. Mehdi Nemmouche, lui, rejoint la Syrie et les djihadistes de l’EIIL, l’État islamique en Irak et au Levant, "trois semaines seulement après sa libération".

"On peut effectivement faire un parallèle [entre les deux hommes] dans la mesure où c'est ce qu'on a pu appeler à une certaine époque ‘le loup solitaire’ : celui qui été aguerri, a participé à des combats, et qui a appris le maniement d'armes", a déclaré le procureur de Paris François Molins, en marge de sa conférence de presse, dimanche 1er juin.

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