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Transition énergétique : "Le prix de l’électricité augmentera quoi qu’il en soit"

AFP - Des milliers de personnes manifestent contre le nucléaire, à Saint-Vulbas en 2011.

La ministre de l’Écologie Ségolène Royal va présenter un projet de loi sur la transition énergétique en France, englobant la limitation du nucléaire. Déjà appliquée en Allemagne, la sortie du nucléaire a pesé sur le pouvoir d’achat des consommateurs.

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Diminuer sensiblement la part du nucléaire en France, sans pour autant amoindrir le pouvoir d’achat des consommateurs. Tel est l’exploit que doit réaliser Ségolène Royal la semaine prochaine. Le 18 juin, la ministre de l’Écologie soumettra un projet de loi sur la transition énergétique, annoncé comme "ambitieux" par Ségolène Royal elle-même, en prévision d’une adoption à l’automne 2014. Bien que les détails de ce projet restent encore flous, les mesures présentées devraient concrétiser l’une des promesses phare de François Hollande lors de sa campagne électorale : la diminution du recours au nucléaire, de 75 % à 50 %.

En effet, les 58 centrales nucléaires en France sont pour la plupart âgées de plus de 30 ans. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a ainsi fait savoir que ces centrales s’exposent à des risques systémiques, comme, par exemple, l’apparition de fissures. D’ici 2030, l’État ambitionne donc de développer les sources d'énergie renouvelables, afin qu’elles atteignent 40 % de l’énergie totale.

Seulement voilà, une telle mesure devrait imposer un surcoût financier aux ménages, déjà soumis à rude épreuve. Pour exemple, la transition énergétique, largement amorcée en Allemagne, a donné lieu à un bond du coût de l’électricité, désormais 46 % plus chère que la moyenne européenne. "En 2014, un ménage allemand consacre en moyenne 220 euros sur l'année à la surcharge liée aux énergies renouvelables", illustre Andreas Rüdinger, chercheur à l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI).

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En Allemagne, cet idéal que représente la sortie du nucléaire et par conséquent le développement de l’énergie propre est difficile à assumer financièrement pour certains. Toutefois, la situation est différente en France, selon Andreas Rüdinger, qui affirme que le coût des énergies solaires notamment sera moindre, car il a été divisé par quatre depuis 2010. "L’Allemagne a été la première à développer ce genre d’énergie. Aujourd’hui, cela se démocratise donc les prix baissent."

"Pousser les ménages à se tourner vers des solutions alternatives"

Pour autant, le chercheur admet que, limitation ou non du nucléaire, le coût de l’électricité augmentera de toute façon. "Le principe de la transition énergétique repose sur le constat que le coût de l’énergie augmente. L’entretien des centrales, leur mise à jour, en fonction des normes de sécurité mises en place après la catastrophe de Fukushima, cela représente un coût", explique-t-il.

La question, de fait, n’est donc plus "que faire contre la hausse de ce coût et, donc, contre la diminution du pouvoir d’achat ?", d’après Andreas Rüdinger, mais bien "que faire pour que les consommateurs soient moins vulnérables face à cette hausse inexorable ?". La réduction des consommations serait pour lui un moyen de compenser cette hausse, prenant pour exemple encore l’Allemagne, où les habitants consomment en moyenne 30 % d’énergie en moins qu’en France.

"En France, on a tellement été habitués à l’énergie pas chère que l'on n’y fait pas attention. Du coup, beaucoup de gestes simples ne sont pas appliqués, ajoute-t-il. On pourrait par exemple remplacer toutes les ampoules par des LED, éteindre systématiquement les pièces de la maison dans lesquelles nous ne sommes pas, diminuer le chauffage, ou encore acheter un réfrigérateur moins énergivore", suggère Andreas Rüdinger, espérant que le gouvernement propose des aides aux ménages les moins favorisés pour qu’ils puissent s’équiper de matériel performant. La hausse du prix de l’électricité aura ainsi le mérite de pousser les ménages à se tourner vers des solutions alternatives, comme le photovoltaïque.

Reste à savoir comment le gouvernement compte favoriser cette évolution écologique. "On ne sait pas quelle centrale va fermer, ni comment. Globalement, on a du mal à voir les contours de cette transition", assure le chercheur. Outre le fait de dessiner ces contours, le projet de loi de Ségolène Royal, à la tête d’un ministère malmené depuis le début du quinquennat, doit permettre de prouver que le gouvernement ne se désintéresse pas totalement de la question énergétique.

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