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France : pas d’accord à la SNCF, la grève se poursuit mardi

AFP

Deux des principaux syndicats, CGT et Sud-Rail, continuent de demander le retrait de la réforme ferroviaire, qui doit être examinée au Parlement à partir du 17 juin. Le gouvernement reste de son côté inflexible après six jours de grève.

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Manuel Valls a pressé lundi les cheminots de la CGT et de Sud-Rail, qui ont reconduit leur grève, qui dure depuis six jours, pour 24 heures, de mettre un terme à un mouvement dont "personne ne comprend le sens" et a de nouveau exclu tout report de la réforme ferroviaire.

Le trafic restait perturbé lundi 16 juin, premier jour des épreuves du baccalauréat pour près de 687 000 lycéens pour lesquels la SNCF a mis en place une assistance spécifique afin qu'ils ne pâtissent pas de retards ou d'annulations éventuels.

Le taux de participation à la grève était de 14,08 % lundi, en baisse de plus de trois points par rapport à vendredi et, selon le ministre de l'Éducation Benoît Hamon, il n'y a "pas plus de retardaires (au Bac) que lors d'une année sans grève".

"Cette grève, personne n'en comprend le sens : les usagers, les jeunes (...), l'opinion, les Français", a déclaré le Premier ministre après avoir reçu les partenaires sociaux en vue de la conférence sociale de juillet.

"Nous sommes disponibles pour avancer mais personne ne peut mettre en doute et en cause la très grande fermeté du gouvernement à mener sur ce sujet comme sur d'autres les réformes qui sont nécessaires", a-t-il ajouté.

Mais Julien Troccaz, délégué Sud-Rail, a annoncé lundi que la grève avait été reconduite pour une septième journée.

"Toutes les assemblées générales qui se sont tenues ont confirmé la reconduction", a-t-il dit à Reuters.

Manuel Valls refuse, comme le réclament la CGT et Sud-Rail, de reporter l'examen du projet de réforme ferroviaire, qui débute mardi à l'Assemblée nationale, et a fait valoir que le texte pouvait encore être amélioré par le biais d'amendements.

Pour la première fois depuis le début de la grève, la CGT-Cheminots et Sud-Rail ont demandé à être reçus lundi matin par la direction de la SNCF pour évoquer "divers aspects de la politique sociale" (augmentations salariales, temps de travail, embauches...), annonce l'entreprise dans un communiqué.

La direction "s'étonne que ces questions qui relèvent de la vie courante de l'entreprise, et non du projet de loi, soient aujourd'hui mises en exergue pour prolonger le mouvement de grève".

Un coût de 80 à 100 millions d’euros

Le gouvernement mise sur l'essoufflement du mouvement et sur la division syndicale.

"Cette grève est inutile et quand on mène une grève inutile, qui bloque des millions de personnes, y compris des jeunes qui vont passer le bac, je pense ça ne grandit pas le syndicalisme", a déclaré le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, à l'issue de la rencontre avec Manuel Valls, estimant que les concertations avaient eu lieu en amont.

Le projet de loi prévoit la création d'un groupe public industriel intégré nommé "SNCF" qui chapeauterait "SNCF Réseau", le gestionnaire d'infrastructure - l'actuel Réseau ferré de France (RFF) - et "SNCF Mobilités", qui exploitera les trains.

Les syndicats grévistes souhaitent un retour à la situation d'avant 1997, soit un seul établissement public, et la reprise de la dette ferroviaire de 44 milliards d'euros par l'État.

Marie-Laurence Bertrand, secrétaire de la CGT, a dénoncé le procès en irresponsabilité instruit par le gouvernement.

"Notre responsabilité, c'est d'entendre les salariés et, croyez-moi, on va la tenir", a-t-elle dit à Matignon. "On a des assemblées générales massives au cours desquelles les salariés s'expriment de façon très claire."

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a évalué lundi sur RMC le coût de la grève à "entre 80 et 100 millions d'euros" et s’est engagé à appliquer une réduction d’au moins 20 % sur les abonnements du mois de juillet pour inderminser les usagers.

Guillaume Pepy, comme Manuel Valls et Frédéric Cuvillier, ont dénoncé des actes de blocage de la part de grévistes "qui n'ont rien à voir avec le droit de grève".

Les députés d'opposition UMP ont fait savoir qu'ils voteraient contre le projet de réforme, mais Luc Chatel, qui prend ses fonctions de secrétaire général intérimaire de l'UMP lundi, est allé plus loin en demandant le retrait d'un "mauvais" texte.

Xavier Bertrand a, quant à lui, marqué ses distances avec Luc Chatel, précisant sur BFM TV et RMC qu'il ne voterait pas contre ce texte. "Il est hors de question que je me retrouve dans le camp des jusqu'au-boutistes qui font grève".

La SNCF prévoyait de faire circuler entre quatre et cinq trains sur dix lundi selon les destinations.

Avec Reuters

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