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Berlin accueillera-t-elle la première église-mosquée-synagogue ?

AFP / Pose de la première pierre de la "mosquée-église-synagogue" à Berlin, le 3 juin.

Un rabbin, un imam et un pasteur de Berlin ont une idée inédite : construire un lieu de culte où les fidèles des trois religions puissent se rencontrer. S’ils rassemblent l’argent nécessaire, le bâtiment ouvrira ses portes dans quatre ans.

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Certains parlent déjà de "la Merveille de Berlin". Car si le rêve commun de l’imam, du pasteur et du rabbin se réalise, ce sera le premier lieu de culte commun pour les trois religions du Livre jamais construit.

Des églises ont déjà été transformées en mosquées, à l’instar de Sainte-Sophie à Istanbul, ou des mosquées en églises, comme la cathédrale de Cordoue, en Espagne, mais il n’existe nulle part un édifice religieux partagé par musulmans, chrétiens et juifs.

La "Maison de l’Un" comme l’ont baptisée les trois hommes, serait dédiée à la prière et à la contemplation, et ouverte à tous, les croyants comme les athées. Mais il s’agit surtout de créer un espace de rencontre entre les fidèles des trois confessions monothéistes, tout en réservant un lieu de prière propre à chaque religion. Une grande salle commune desservirait la mosquée, l’église et la synagogue, sous un même toit.

"Berlin est la ville des merveilles et des miracles", affirme le rabbin Tovia Ben Chorin, l’un des trois "rêveurs" à avoir imaginé le lieu. "C’est là que l’extermination des juifs a été programmée. Maintenant, la première maison pour les trois religions dans le monde va être construite ici."

Pour l’imam qui porte également le projet, Kadir Sanci, cette "Maison de l’Un" est une manière de rappeler que "la grande majorité des musulmans sont pacifiques et non-violents". C’est aussi un lieu, ajoute-t-il, où des cultures différentes peuvent apprendre l’une de l’autre.

Un bâtiment uniquement financé par les dons

Mais pour construire cette "synagogue-mosquée-église" porteuse d’espoir, il faut d’abord accomplir une tâche moins spirituelle : rassembler l’argent nécessaire à l’édification du bâtiment.

Une collecte de fonds a été lancée début juin, notamment sur Internet. Les initiateurs du projet espèrent récolter 43, 5 millions d’euros, la somme requise pour construire ce qui devrait être un simple bâtiment hexagonal en briques, d’après les plans de l’architecte Wilfried Kuehn, qui a rejoint le projet.

La "Maison de l’Un" doit être érigée dans la rue Gertrauden, sur un site proche de "l’Île des musées", dans le centre de Berlin. Le lieu sera entièrement financé par des dons.

Wilfried Kuehn précise que les trois espaces de prière auront la même taille, mais une forme différente. "Chaque espace est conçu en fonction des besoins et des particularités de chaque religion. Il y a par exemple deux niveaux dans la mosquée et dans la synagogue mais seulement un dans l’église. Il y aura un orgue dans l’église, et des robinets pour les ablutions dans la mosquée", explique l'architecte à la BBC.

Sur les vestiges de la première église de Berlin

L’idée de ce lieu interreligieux a germé en 2009, quand des archéologues ont découvert, sur ce site, les vestiges de la plus ancienne église de Berlin, la "Petrikirche". L’édifice, qui datait du XIIIe siècle, a été très endommagé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’Armée rouge a conquis la capitale allemande. Et les restes du bâtiment ont été totalement détruits après la guerre.

"Nous nous sommes rapidement mis d’accord sur le fait qu’il fallait construire quelque chose de visionnaire sur ce qui était l’un des sites fondateurs de Berlin", raconte Gregor Hohberg, le pasteur protestant à l’origine du projet. Pour lui, la ville multiculturelle et multiconfessionnelle qu’est aujourd’hui la capitale allemande est l’endroit idéal pour inaugurer un lieu de culte pour les trois religions. "Berlin est une ville dont les habitants viennent des quatre coins du monde et nous voulons donner un exemple de cohésion", souligne le pasteur.

Le 3 juin, le pasteur, l’imam et le rabbin se sont réunis sur le site de leur futur lieu de culte idéal – un terrain vague pour le moment, pour poser la première pierre symbolique du bâtiment. Les trois hommes ont annoncé que les travaux pourraient commencer en 2016, si un quart de la somme avait été rassemblé d’ici là.
 

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