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Amnesty International : "Interdire le voile intégral est une entrave à la liberté"

Une jeune femme devant l'Assemblée nationale en 2011 à Paris
Une jeune femme devant l'Assemblée nationale en 2011 à Paris AFP

La Cour européenne des droits de l'Homme doit rendre mardi un arrêt susceptible de condamner la loi votée en 2010 en France sur l'interdiction du voile islamique intégral, contestée par une Française. Amnesty International soutient sa démarche.

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La loi française votée en 2010 sur l’interdiction du voile intégral dans un lieu public est-elle "discriminatoire" et "dégradante" ? C'est en tout cas ce que prétend une Française de 24 ans qui a saisi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH). La juridiction européenne doit trancher mardi 1er juillet.

Le verdict est très attendu de tous et notamment de certaines ONG qui se sont engagées aux côtés de la plaignante, à l'instar d'Amnesty International. Entretien avec sa présidente, Geneviève Garrigos.

FRANCE 24 : Pourquoi une ONG comme Amnesty International s’engage-t-elle aux côtés de la jeune plaignante?

Geneviève Garrigos : L'action d'Amnesty International s'inscrit dans une démarche purement juridique. Notre organisation a apporté un certains nombre de documents constitués d’observations et d’analyses juridiques qui viennent renforcer la défense de la partie civile. Il ne s’agit que d’appliquer le droit international. Le texte qui stipule que "nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage", constitue une violation des droits humains. Interdire un vêtement dans l’espace public est une entrave à la liberté d’expression et la liberté religieuse.

L’actuelle loi ne fait que stigmatiser les femmes et les musulmanes en particulier. L’argument qui consiste à dire que la loi vise à les protéger n’est pas recevable. Un certain nombre de femmes intégralement voilées ne subissent aucune pression. L’État n’est pas là pour dire ce que les femmes doivent faire, il doit au contraire leur laisser le choix. Libre à elles ensuite d’épouser des dogmes ou de s’en affranchir.

FRANCE 24 : L'État français assure, de son côté, que le texte incriminé n'est pas antireligieux et "concerne toutes les possibilités de dissimuler le visage par un voile, une cagoule, un casque de moto..." au nom de la sécurité…

Geneviève Garrigos : Il s’agit d’un argument de façade. On sait tous que ce texte n’a pas été voté pour interdire les personnes qui marchent dans la rue avec un casque… Si l’on doit à tout moment être reconnaissable au nom de la sécurité de l’État, il faut alors interdire tous les artifices qui nous permettent de nous dissimuler et voter une loi contre les perruques et les fausses barbes.

Chaque citoyen doit simplement se soumettre à d’éventuels contrôles de police et les femmes qui portent la burqa s’y soumettent volontiers.

FRANCE 24 : La condamnation de la loi ne risque-t-elle pas de relancer le débat sur la laïcité et ainsi d’exacerber davantage les tensions entre les Français ?

Geneviève Garrigos : Tous les débats qui ont eu lieu autour du projet de loi ont effet largement exacerbé les passions. Mais on ne peut pas refuser le débat et accepter une loi qui va à l’encontre des droits les plus fondamentaux au prétexte de ne pas réveiller les tensions. Il faut que le débat ait lieu en France et en Europe dans un climat apaisé pour que les gens comprennent ce qui se joue. Sans débat, une société n’évolue pas.

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