CYCLISME

Grande Boucle : Cheng Ji, premier Chinois sur le Tour de France

www.teamgiantshimano.com

Le Tour de France 2014 débute samedi 5 juillet à Leeds, en Angleterre. Symbole de son internationalisation, la Grande Boucle accueille pour la première fois dans ses rangs un coureur chinois. Pour Cheng Ji, il s'agit d'un rêve éveillé.

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L'édition 2014 du Tour de France va prendre des accents “british” avec un départ organisé à Leeds, samedi 5 juillet, et trois étapes au total en terre anglaise. La Grande Boucle sera également pour la première fois de son histoire à l'heure chinoise. Le coureur Cheng Ji, originaire de Harbin dans le nord de la République populaire, a été sélectionné par son équipe Giant-Shimano pour prendre part à la plus grande course cycliste au monde.

À quelques heures du début des trois semaines de compétition, ce jeune sportif de 26 ans a hâte de pouvoir parcourir les routes du Tour. Cela fait des années qu'il attend ce moment. “Quand j'ai appris que j'allais participer, j'étais vraiment heureux car j'ai travaillé très dur avec mon équipe pour y arriver. J'ai reçu beaucoup de messages d'encouragement de chez moi. Je suis très fier. C'était mon rêve depuis que j'ai débuté le cyclisme”, raconte Cheng Ji à France 24.

Présentation de Cheng Ji par son équipe Giant-Shimano

De la Chine aux Pays-Bas

Le coureur chinois n'était pourtant pas destiné à une carrière dans l'univers de la petite reine. Fils d'une mère au foyer et d'un designer d'intérieur, il a tout d'abord brillé en athlétisme. Inscrit dans une école de sports, il s'est finalement passionné pour le vélo un peu par hasard. En 2002, alors qu'il faisait trop froid pour s'entraîner à l'extérieur, il s'est mis à pédaler dans sa chambre. Très vite, Cheng Ji s'est découvert de grandes facilités. Même si le cyclisme n'est pas aussi développé qu'en Europe, il a pu progresser en participant à quelques compétitions: “Ce n'était pas plus difficile, mais le système est vraiment différent par rapport aux pays dans lesquels le vélo est très populaire. Par exemple, quand j'ai débuté, il n'y avait que deux courses sur route durant la saison en Chine”.

Malgré ces conditions très précaires, Cheng Ji est repéré quatre ans plus tard par l'équipe néerlandaise Shimano qui recherchait des cyclistes chinois. À tout juste 20 ans, il débarque alors aux Pays-Bas, dans la petite ville d'Hengelo où s'entraîne les coureurs de cette formation qui compte notamment dans ses rangs l'Allemand Marcel Kittel, vainqueur de quatre étapes sur le dernier Tour de France, et son compatriote John Degenkolb, deuxième du dernier Paris-Roubaix. Aux côtés de ces champions, le jeune chinois découvre véritablement le cyclisme à l'européenne. Symbole de son intégration, il participe en 2012 pour la première fois à une compétition majeure en prenant le départ du Tour d'Espagne. Cheng Ji réussit même l'exploit de le terminer à la 175e place. En 2013, il a aussi été sélectionné pour le Tour d'Italie, mais il a abandonné au début du Giro.

Cheng Ji lors de ses débuts sur le Tour d'Italie

Mission sprint

Au sein de son équipe, le cycliste asiatique, qui ne compte qu'une seule victoire, en 2008, lors du Tour de la Mer de Chine méridionale, n'a pas un rôle de premier plan. Il a toutefois une fonction bien spécifique et primordiale. “Je suis quelqu'un qui travaille très dur pour bien faire mon boulot. Ma mission est de bien préparer le sprint final”, explique-t-il. En d'autres termes, lors du Tour de France 2014, il doit épauler les deux stars de l'équipe, Kittel et Degenkolb, et les emmener vers la victoire. Au delà de l'aspect sportif, Cheng Ji a aussi une casquette d'ambassadeur. En entrant dans l'histoire comme le premier Chinois présent sur la Grande Boucle, il permet au Tour de France de se faire connaître à l'autre bout du monde. "Avoir Cheng dans l'équipe en tant que premier Chinois sur le Tour sera important pour lui et son pays, et on a hâte de voir l'impact que cela aura sur la mondialisation du cyclisme", a ainsi déclaré il y a quelques jours Rudi Kemna, le directeur sportif de Giant-Shimano.

De son côté, le coureur se voit plus comme un modèle que comme un produit marketing. Même s'il doit faire chaque jour des sacrifices en étant éloigné de ses parents et de son épouse restés en Chine, il ne regrette pas son choix sportif. Il veut désormais faire progresser le vélo sur les routes de son pays natal : “J'espère que les gens vont suivre mon histoire et voir que si tu veux vraiment être ici, c'est possible. Il suffit de travailler très dur et de s'investir".
 

L'équipe Giant

Roy Curvers (NED), John Degenkolb (GER), Dries Devenyns (BEL), Tom Dumoulin (NED), Cheng Ji (CHN), Marcel Kittel (GER), Koen De Kort (NED), Albert Timmer (NED), Tom Veelers (NED).
 

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