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Brétigny : les experts dénoncent un "état de délabrement jamais vu"

AFP / Dans la gare de Brétigny-sur-Orge, le 13 juillet 2013, au lendemain de la catastrophe ferroviaire.

Le rapport d'expertise judiciaire sur la catastrophe ferroviaire du 12 juillet 2013 à Brétigny-sur-Orge écarte tout acte de "malveillance" mais relève plus "200 anomalies de divers degrés de criticités".

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Les conclusions sont rendues publiques à quelques jours du premier anniversaire de la catastrophe. Les experts Michel Dubernard et Pierre Henquenet, mandatés par les juges d’instruction pour faire la lumière sur l’accident survenu le 12 juillet 2013 à Brétigny-sur-Orge (Essonne), ont dénoncé un "état de délabrement jamais vu" du réseau ferroviaire dans un rapport remis aux magistrats le 25 juin.

L'accident résulte d'un "déficit dans la qualité de la maintenance" de cette partie du réseau, confirment les conclusions du rapport d'experts rendues publiques lundi par le procureur de la République d'Evry.

Selon Eric Lallement, les experts désignés par la justice ont rendu des conclusions "sévères", relevant "une centaine de défauts", "visibles" et "critiques", sur l'aiguillage incriminé, "qui ne sont pas la conséquence de l'accident".

Les ingénieurs ont notamment pointé une "maintenance inadaptée" et un "état de délabrement" sur le secteur de Brétigny.

"Toutes les investigations menées ont conduit à écarter formellement l'hypothèse d'un acte de malveillance", a souligné le procureur lors d'une conférence de presse.

D’après des extraits du document que se sont procuré les journaux "Le Figaro" et "Le Monde", les deux experts soulignent que "nous ne sommes pas en présence d'un acte de malveillance, et que le processus ayant abouti à la désagrégation complète de l'assemblage s'est bien au contraire étalé sur plusieurs mois". Plus de "200 anomalies de divers degrés de criticités" ont été relevées sur la portion de réseau concerné.

Selon les experts, "la plupart de ces anomalies étaient connues de la SNCF ou de ses agents sans pour autant" qu'il y soit remédié "de façon adéquate". Le rapport précise que "l'armement a péri par fatigue, vibrations, battement, défauts de serrage, usure, etc. Tous dommages relevant de la "qualité de la maintenance" et que l'état du réseau à Brétigny "aurait logiquement dû conduire la SNCF à une surveillance accrue, et surtout adaptée".

En raison de du mauvais état du réseau, les experts estiment "souhaitable de limiter à 100 km/heure la vitesse des trains à l'approche de la gare de Brétigny". Ils mettent aussi en cause la formation des agents de maintenance, dont ils soulignent qu’ils devraient avoir reçu "une formation spécialisée approfondie".

Réseau délabré à Noisy-le-Sec

Les deux experts, qui ont procédé à des tournées d'inspection de voies le 28 janvier dernier, alertent par ailleurs sur l'état du réseau en gare de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), qu'ils jugent inquiétant.

Après l'accident, qui avait fait sept morts et des dizaines de blessés en gare de Brétigny, une information judiciaire avait été ouverte pour homicides et blessures involontaires et l'enquête confiée à trois juges d'instruction.

D'autres enquêtes ont été menées parallèlement à l'enquête judiciaire : une enquête interne conduite par la SNCF et le gestionnaire d'infrastructure Réseau ferré de France (RFF), et une enquête technique du Bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), dont un rapport d'étape avait été publié en janvier.

Maintenance défaillante

Le rapport du BEA-TT mettait déjà en cause les règles de maintenance en vigueur à la SNCF et rappelait qu'une éclisse à quatre boulons (les éclisses sont des sortes d'agrafes métalliques qui servent à raccorder deux rails consécutifs, ndlr), avait fini par ne tenir que par un boulon et avait pivoté, provoquant le déraillement du train.

Les deux experts mandatés par la justice ont d’ailleurs conseillé à la SNCF de faire vérifier chaque année les liaisons éclissées, qui ne sont actuellement contrôlées que tous les trois ans.

Une cérémonie commémorative est prévue samedi 12 juillet à Brétigny.

Avec AFP
 

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