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Vidéo : ramadan sous tension pour les musulmans de Pékin

Capture d'écran FRANCE 24 - La prière dans la plus grand mosquée de Pékin

Alors que la Chine compte plus de 20 millions de musulmans, le ramadan se poursuit dans un contexte tendu, avec le durcissement de la répression envers la pratique de l'islam. À Pékin, certains fidèles se sentent montrés du doigt.

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Dans la province musulmane du Xinjiang, en Chine, région en proie aux violences, fonctionnaires et étudiants ont reçu la consigne de ne pas jeûner pendant la journée, et l’ensemble des musulmans sont vivement encouragés à prendre des repas en public le midi. 

"Je reviens tout juste du Xinjiang, la situation est vraiment tendue. Nous sommes constamment surveillés, surtout pendant la prière. Et le soir, ils nous ont interdit de prendre le repas dans la mosquée. C'est vraiment compliqué de faire le ramadan là-bas ", confie à la correspondante de FRANCE 24, un musulman issu de cette région, dans mosquée de Niujie, la plus ancienne et la plus grande de Pékin.

À la nuit tombée, ils sont des centaines à venir rompre le jeûne à la mosquée de Niujie. Parmi les musulmans, se trouvent des Ouïghours, minorité turcophone issue de la province du Xinjiang, mais surtout beaucoup de Hui, l'ethnie musulmane majoritaire dans le pays.

>> À lire aussi sur France 24 : Pékin en guerre contre le ramadan dans le Xinjiang, l'accès aux mosquées a été réduit

Liberté de culte réduite à Pékin

Pourtant ces fidèles disent se sentir de plus en plus montrés du doigt, même dans la capitale. "Mon patron m'a très fortement recommandé de ne pas faire le ramadan si je ne voulais pas avoir de problème. Nous avons de moins en moins de liberté de culte", raconte un musulman de la capitale chinoise.

L’attitude de Pékin est largement passée sous silence par les journaux officiels et le sujet reste très sensible au sein de la communauté musulmane. Pour de nombreux observateurs, si la répression n'est pas nouvelle, elle s'est largement intensifiée ces derniers mois, après une série d'attentats attribués aux séparatistes ouïghours. Une politique plus musclée qui ne suscite pas vraiment d'indignation dans le reste du pays.

Une méconnaissance de l'Islam

Pour Zongping Sha, professeur spécialiste de l'Islam à l’université de Pékin, les musulmans sont pénalisés par un manque de connaissance à leur égard. "Même dans les sphères dirigeantes, le gens savent très peu de choses sur l'islam", explique le professeur. S’y ajoute l’image négative véhiculée par les médias chinois. "Elle se concentre plus sur les problèmes sociaux engendrés que sur la pratique religieuse", ajoute Zongping Sha.

La politique répressive de la Chine se cantonne pour l'instant à la province du Xinjiang qui compte plus de 9 millions de Ouïghours. En attendant, les fidèles de la mosquée de Niujie à Pékin, ont décidé de poursuivre normalement leur ramadan.

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