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Ces missiles que le Hamas utilise pour "terroriser" Israël

Mahmud Hams, AFP | Des membres des brigades Ezzedine al-Qassam (Hamas) devant une roquette M-75 à Gaza

Depuis deux semaines, le Hamas et d’autres groupes armés ont lancé plus de 200 roquettes en direction du territoire israélien. Les sirènes résonnent dans l'État hébreu, mais aucune victime n'y est à déplorer. Explications.

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Depuis plusieurs jours, les sirènes retentissent quotidiennement en Israël, signe que des roquettes vont s’abattre sur l'État hébreu. L'opération aérienne engagée par l’armée israélienne n'a pour l’instant pas réussi à faire cesser les salves de projectiles lancées depuis la bande de Gaza, principalement par les combattants du Hamas et de son allié, le Djihad islamique.

Au total, plus de 220 roquettes ont atteint le territoire israélien depuis le début des hostilités. Si les 20 000 habitants de Sdérot, ville située à un kilomètre de la bande de Gaza, sont habitués à voir pleuvoir les roquettes depuis quinze ans, ceux de Tel-Aviv, Jérusalem, et même Hadera – villes pourtant situées à 110 kilomètres au nord –, ont été surpris par les alertes de ces derniers jours.

Des missiles longue portée de conception iranienne et syrienne

Depuis deux ans, les organisations armées de la bande de Gaza se sont dotées de missiles longue portée. Le Djihad islamique possède ainsi des Fajr-5, de fabrication iranienne. Selon l’État hébreu, ils ont été "offerts par le Hezbollah" libanais au groupe palestinien. D’un diamètre de 333 mm, les Fajr-5 peuvent transporter 90 kg d’explosifs à une distance de 75 km. En novembre 2012, le chef des Gardiens de la Révolution iraniens avait reconnu avoir approvisionné Gaza en missiles de ce type, capables d’atteindre Tel Aviv. Des M-302 de conception syrienne pouvant atteindre 160 kilomètres ont aussi été utilisés ces derniers jours. Quarante de ces missiles, en provenance d’Iran, avaient été saisis en mars par l’armée israélienne à bord d’un navire battant pavillon panaméen intercepté en mer Rouge. Ils étaient destinés au Djihad islamique.

Mais le Hamas a aussi développé des M-75 – atteignant 100 km – assemblés à partir de composants acheminés via des tunnels dans l’enclave palestinienne. Ou encore des R-160 et des "Jaabari", baptisés en l’honneur du chef des brigades al-Qassam morts dans un bombardement de Tsahal en 2012. "Gaza a sa propre industrie de défense locale", explique Philippe Migault, directeur de recherche à l’Iris, spécialiste des conflits armés, qui rappelle que "le bidouillage des artificiers du Hamas n’est pas nouveau". Il donne l’exemple des roquettes Qassam, fabriquées à Gaza, dont la portée ne dépasse initialement pas 20 kilomètres, et qui doublent leur rayon d’action après avoir été modifiées.

Des missiles allégés qui ne contiennent souvent pas d’explosifs

Lorsqu’elles sont allégées de leur charge explosive, les roquettes peuvent allonger leur portée. "Le Hamas présente les tirs de ses M-75 et de ses R-160 comme une ‘grande victoire sur l’ennemi sioniste’, mais il oublie de dire que ces derniers ne contenaient pas d’explosifs, afin de pénétrer le plus possible à l’intérieur d’Israël", explique le chroniqueur israélien Ehud Yaari, cité par "Libération".

Dépourvues de système de guidage, les roquettes envoyées ces derniers jours depuis Gaza n’ont pour l’instant pas fait de morts israéliens. Leur objectif est de "terroriser", rappelle Philippe Migault. Selon lui, "la totale couverture du territoire israélien n’est qu’une question de temps. [Le Hamas et le Djihad islamique] pourront bientôt frapper partout".

Selon des experts de défense israéliens, l’arsenal de près de 10 000 missiles dont disposent les groupes armés de la bande de Gaza pourrait leur permettre de poursuivre les tirs pendant encore dix semaines. Cité par l’AFP, Firas Abi Ali, expert à l’institut IHS Country Risk, souligne que chaque conflit avec Israël, loin de réduire l’arsenal du Hamas, aboutit à une augmentation des capacités militaires du mouvement terroriste. "Le Hamas a été capable ces deux dernières années d’accroître non seulement le nombre des roquettes qu’il possède mais aussi la fréquence de ses tirs, l’objectif étant de tirer autant de roquettes que possible simultanément pour saturer le système [de défense antimissile] Dôme de fer", explique-t-il.

Selon les statistiques de l’armée israélienne, le système Dôme de fer intercepte 75 à 90 % des roquettes visant les zones habitées de l’État hébreu. Le système, composé de petits missiles guidés par radar, est conçu pour se déclencher uniquement lorsque des vies sont potentiellement menacées. Son efficacité fait la fierté de l’armée israélienne – qui le présente comme le nec plus ultra de sa technologie – et soutient moralement l’opinion publique israélienne. L’intensité des tirs de roquettes venus de Gaza vise, quant à elle, à submerger le Dôme de fer.

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