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SÉNÉGAL

Devant les juges, Karim Wade se considère "prisonnier politique"

Karim Wade dénonce une "chasse aux sorcières" politique
Karim Wade dénonce une "chasse aux sorcières" politique Seyllou, AFP
4 mn

Lors de la première journée de son procès, Karim Wade, accusé d'avoir détourné 178 millions d'euros du temps où il était conseiller, puis ministre de son père - président du Sénégal -, s'est qualifié de "prisonnier politique".

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Il se définit comme un "prisonnier politique". Karim Wade, fils de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, accusé d'enrichissement illicite et en détention préventive depuis 16 mois, a comparu jeudi 31 juillet devant une cour spéciale à Dakar pour la première journée de son procès.

Le fils de l'ex-chef de l’État, au pouvoir durant 12 ans (2000-2012), est accusé d'avoir illégalement acquis 178 millions d'euros par le biais de montages financiers complexes. Une somme qui, selon l'accusation, se trouverait aujourd'hui dans des paradis fiscaux, dont Monaco, Singapour ou les Îles vierges britanniques.

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Ce patrimoine présumé comprend notamment 69 millions d'euros détenus sur un compte en banque à Singapour. Environ 70 millions d'euros seraient répartis dans trois sociétés, gérées par des prête-noms et domiciliées au Luxembourg et à Monaco. Enfin, 11 millions d'euros seraient placés dans des sociétés au Sénégal dont Karim Wade serait le réel bénéficiaire. 

Ovationné par ses partisans

Lors de cette première journée, Karim Wade, vêtu de blanc, visiblement en forme, a décliné son identité et s'est présenté comme un "prisonnier politique" avant que le président de la cour, Henri Grégoire Diop, annonce l'ajournement des travaux jusqu'à lundi. Le fils de l'ancien chef de l'État a été ovationné par des partisans à son arrivée dans la salle, où étaient présents sa mère, Viviane Wade, des dirigeants du Parti démocratique sénégalais (PDS), sa formation et celle de son père qui a dirigé le Sénégal pendant douze ans (2000-2012).

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Les avocats de Karim Wade ont affirmé à France 24 détenir de documents qui dédouanent leur client. "Les autorités des Îles vierges britanniques viennent d'attester que cette société est fantôme, et qu'elle n'a jamais existé ou été enregistrée chez elles, assure Me Mohamed Seydou Diagne, l'un des avocats de Karim Wade. D'un autre côté, nous avons la preuve par des autorités bancaires très honorables qu'aucun virement ne peut être effectué sur le compte de Singapour, pour la simple raison que ce compte n'existe pas et que son bénéficiaire n'existe pas." 

"Chasse aux sorcières"

Ils accusent donc les détracteurs de Karim Wade de mener une "chasse aux sorcières" politique. Pour les avocats de l'accusé, le procès est éminemment politique et vise à l'éliminer avant la prochaine élection présidentielle théoriquement prévue en 2017. A la suspension du procès, les gendarmes et policiers déployés depuis le matin dans et aux abords du Palais présidentiel demeuraient visibles.

Mercredi soir, le ministre sénégalais de la Justice, Sidiki Kaba, a assuré que toutes les dispositions avaient été prises pour permettre "la tenue d'un procès juste et équitable". Selon lui, le dossier d'accusation comprend "près de 40 000 pages".

Avant qu'Abdoulaye Wade ne soit largement battu au second tour de la présidentielle le 25 mars 2012 par l'actuel chef de l'État Macky Sall, Karim, âgé de 45 ans, cumulait les ministères de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l'Énergie, ce qui lui avait valu alors d'être appelé "Ministre du ciel et de la terre".

Arrêté en avril 2013 à Dakar, Karim Wade est resté depuis dans une cellule de la prison principale de la capitale sénégalaise, en dépit de plusieurs demandes de remise en liberté de ses avocats, toutes rejetées.

Avec AFP

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