PROCHE-ORIENT

Liban : attaque sanglante de postes de contrôle près de la frontière syrienne

Blindés libanais à l'entrée d'Aarsal, samedi 2 août
Blindés libanais à l'entrée d'Aarsal, samedi 2 août Stringer, AFP

Huit soldats libanais et deux civils ont été tués dans l’attaque de postes de contrôle militaires dans la région d'Aarsal, près de la frontière syrienne. L'armée promet d'être "ferme" face au risque de débordement du conflit syrien.

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Les militaires se sont déployés en nombre dans la région d'Aarsal, au nord-est du Liban, samedi 2 août. Un peu plus tôt, plusieurs hommes armés ont entouré des postes de contrôle militaires à la suite de l'arrestation d’Imad Ahmad Jomaa, un djihadiste syrien. Ce membre présumé du Front Al-Nosra a été interpellé à midi par l'armée libanaise dans cette localité frontalière. Aarsal, ville majoritairement sunnite - comme la rébellion syrienne - accueille des dizaines de milliers de réfugiés syriens.

Des combats ont alors été engagés entre les soldats libanaise et des hommes armés, faisant huit morts dans les rangs des militaires, a rapporté l'armée, qui précise que les combats ont duré jusqu'à dimanche. Selon une source de sécurité, des soldats ont été brièvement détenus mais rapidement relâchés.

L’armée promet une action "ferme"

L'armée libanaise a promis d'agir de façon "résolue et ferme" pour empêcher tout débordement du conflit syrien sur son territoire. "L'armée ne permettra à personne de transférer le conflit de la Syrie" vers le Liban, indique le communiqué.

Selon l’armée, Imad Ahmad Jomaa a reconnu pendant son interrogatoire être affilié au Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda. Wassim Nasr, spécialiste des mouvements djihadistes, affirme que l'homme appartient à la brigade Fajr al-Islam, qui a récemment prêté allégeance à l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Le Premier ministre Tammam Salam a condamné cette "attaque flagrante contre l'État libanais et les forces armées libanaises". "Le gouvernement libanais gère ces évènements avec fermeté", a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé par l'agence ANI, appelant "toutes les forces politiques à agir avec sagesse et responsabilité et à faire tous les efforts pour protéger le Liban et l'éloigner des dangers qui l'entourent".

Une région proche du conflit syrien

Aarsal a déjà connu des périodes de fortes tensions avec les forces de sécurité libanaises. L'aviation du régime syrien y mène des raids contre les forces rebelles cachées dans cette région montagneuse. La ville est voisine du Qalamoun syrien, où les rebelles ont essuyé plusieurs revers ces derniers mois face aux forces loyalistes, appuyées par des combattants du Hezbollah chiite libanais.

Depuis des mois, des combats meurtriers opposent les djihadistes d'Al-Nosra et ceux de l'État islamique dans le nord et l'est de la Syrie. Mais dans le Qalamoun, ils se battent ensemble pour tenter de préserver leurs positions et d'acheminer des renforts. Dans cette région, au moins 50 djihadistes ont été tués depuis 24 heures dans des combats avec les troupes syriennes et le Hezbollah, a rapporté samedi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Avec AFP

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