LIBAN

Paris tarde à livrer des armes au Liban, Beyrouth s'impatiente

Des soldats libanais quittent la ville d'Aarsal.
Des soldats libanais quittent la ville d'Aarsal. AFP

Le Liban, qui fait face aux djihadistes dans l'est du pays et doit également se défendre dans le bastion islamiste du Nord, s’est plaint mardi du retard pris par la France dans la livraison d’armes.

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Mardi 5 août, Beyrouth a manifesté son mécontentement devant le retard pris par la France dans les livraisons d'armes dont le Liban a un besoin crucial pour contrer les djihadistes dans l'Est et se défendre dans le bastion islamiste du Nord.

Rompant avec son mutisme habituel, le chef de l'armée, le général Jean Kahwahji, a exprimé son exaspération devant les lenteurs de la France à livrer des armes à son pays, y qualifiant la situation de "dangereuse".

"Nous avons besoin, dans la bataille actuelle, d'équipements, de matériel et de technologies", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Il est nécessaire d'accélérer la fourniture d'aides militaires à travers la finalisation des listes des armes demandées à la France dans le cadre de l'accord de financement saoudien et de la conférence de Rome", a insisté le général.

Dans la foulée, Paris s'est dit prêt à "répondre rapidement aux besoins du Liban".

"Soutien aux forces armées libanaises"

Fin décembre, Ryad s'était engagé à octroyer trois milliards de dollars à l'armée libanaise afin que celle-ci, faiblement équipée, puisse se procurer des armes françaises. Depuis, les discussions se sont enlisées sur l'établissement de la liste de matériel.

Et à la mi-juin, lors d'une conférence à Rome, "la communauté internationale avait assuré de son soutien les forces armées libanaises" et lui avait promis une formation "pour mieux lutter contre le terrorisme et les conséquences de la crise en Syrie".

Selon l'ancien président libanais Michel Sleimane, le souverain saoudien Abdallah "l'a assuré de sa volonté de voir accélérer l'application de l'aide exceptionnelle à cette armée".

À Paris, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Vincent Floreani, a expliqué que la France était "en contact étroit avec (ses) partenaires pour répondre rapidement aux besoins du Liban".

"La France est pleinement engagée dans l'appui à l'armée libanaise, pilier de la stabilité et de l'unité du Liban", a-t-il martelé.

Selon le général Kahwahji, "la bataille que mène l'armée dans les collines d'Aarsal n'est qu'un épisode dans la série de confrontations contre le terrorisme".

Depuis samedi, 16 militaires, dont deux officiers, et des dizaines de djihadistes sunnites, ont été tués à Aarsal. Par ailleurs, 22 soldats et 20 policiers étaient portés disparus, vraisemblablement aux mains des assaillants, et 86 militaires avaient été blessés, selon l'armée et une source de sécurité.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné lundi les attaques menées par des "groupes extrémistes" contre l'armée à Aarsal, exprimant son soutien "aux efforts des forces armées libanaises pour lutter contre le terrorisme".

Avec AFP

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