PROCHE-ORIENT

Gaza : le conflit s’enlise, la médiation égyptienne aussi

Entre Israël et le Hamas, la guerre dure depuis plus d'un mois.
Entre Israël et le Hamas, la guerre dure depuis plus d'un mois. David Buimovitch, AFP

Les raids de l’aviation israélienne se poursuivent sur la bande de Gaza, d’où ont été tirées de nouvelles roquettes dans la nuit de samedi à dimanche. Si le conflit s’inscrit dans la durée, les négociations, elles, sont au point mort.

Publicité

Un nouveau raid de l’aviation israélienne dans la bande de Gaza a provoqué la mort, dimanche 10 août, d’au moins un Palestinien et en a blessé sept autres, un nouvel événement qui augure mal de la suite de la médiation menée par l'Égypte entre l’État d’Israël et le Hamas.

 

L'aviation a frappé avant l'aube le camp de réfugiés de Djabalya, dans le nord du territoire. Depuis le déclenchement le 8 juillet de l'opération Bordure protectrice, 1 891 Palestiniens ont été tués, dont une majorité de civils, selon les services de secours.

Un enfant de 11 ans tué par un tir israélien

Par ailleurs, Khalil Mohammad al-Anati, un jeune Palestinien de 11 ans a été tué par l'armée israélienne, dimanche, dans le camp de réfugiés d'al-Fawar, près d'Hébron, au sud de la Cisjordanie occupée, ont indiqué les secours palestiniens. Une information corroborée par des témoins cités par l'AFP.

Le garçon a été tué lors d'une opération menée par l'armée israélienne dont on ignorait la nature dans un premier temps, dans le camp de réfugiés d'al-Fawar, selon des témoins. Tsahal a indiqué être en train d'examiner cette information. Les circonstances de sa mort restent floues.

Des négociations au point mort

Au Caire, la médiation égyptienne pour tenter de renouer avec un cessez-le-feu semble en grande difficulté. Les négociateurs palestiniens ont prévenu qu'ils quitteraient la capitale égyptienne dimanche si Israël n'acceptait pas une reprise sans condition des pourparlers indirects.

Côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a réaffirmé sa fermeté et son refus de négocier "sous les tirs" de roquettes.

Les chances de succès sont "très minces", a pour sa part estimé le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.

Une période cruciale pour Israël

Un précédent cessez-le-feu de 72 heures a expiré vendredi. Depuis la rupture de la trêve, Israël dit avoir recensé plus 100 tirs de roquettes sur son territoire. Dans le même temps, les frappes israéliennes ont fait 14 morts supplémentaires parmi la population de Gaza.

Un conseil des ministres se tiendra dans la journée autour du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.

"Nous sommes à la croisée des chemins et d'ici deux ou trois jours, nous verrons si nous nous dirigeons soit vers un accord, soit vers une escalade", a déclaré samedi le ministre israélien du Renseignement, Yuval Steinitz, à la télévision.

La guerre s'inscrit dans le temps

Le conflit a perdu en intensité par rapport aux premiers jours de l'opération militaire d'Israël ou au déclenchement, dix jours plus tard, de sa phase terrestre, mais l'Égypte ne semble faire aucun progrès dans ses discussions séparées en vue de parvenir à une trêve plus durable.

L'un des points les plus sensibles des discussions porte sur la demande par Israël de garanties, que le matériel envoyé à Gaza pour la reconstruction du territoire ne servira pas à creuser de nouveaux tunnels permettant aux activistes palestiniens de s'infiltrer en Israël.

Les Palestiniens réclament, pour leur part, qu'Israël accepte le principe d'une levée du blocus de la bande de Gaza mais aussi la libération de prisonniers et l'ouverture d'un port dans le territoire côtier.

"Il n'y aura pas de recul et la résistance se poursuivra [...] Il n'y a aucun recul sur aucune de nos exigences", a d’ores et déjà prévenu la direction du Hamas.

Avec Reuters
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine