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Le convoi humanitaire russe va-t-il entrer en Ukraine ?

Capture d'écran FRANCE 24

Alors que le sort des civils devient de plus en plus tragique dans l’est de l’Ukraine, les modalités d’entrée dans le pays d’un convoi humanitaire russe, de près de 300 camions, sont toujours l’objet d’un bras de fer entre Moscou et Kiev.

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Près de 300 camions d’aide humanitaire russe, à destination de l'est ukrainien, étaient toujours bloqués mercredi 13 août au soir dans le sud de la Russie. La raison : un bras de fer entre Moscou et Kiev sur les modalités de la distribution de l’aide, destinée à la population de l'est de l'Ukraine, victime de quatre mois de conflits entre séparatistes prorusses et forces régulières ukrainiennes qui ont fait plus de 2 000 morts.

Kiev, ainsi que de nombreux pays occidentaux, soupçonne que ce convoi, parti mardi matin d’une base militaire des environs de Moscou, ne serve de couverture à une éventuelle intervention russe en Ukraine. Un scénario qualifié "d’absurde" par le ministère russe des Affaires étrangères.

Les camions, chargés selon Moscou de plus de 1 800 tonnes d’aliments, de médicaments et de générateurs, étaient en conséquence stationnés mercredi soir sur un aérodrome militaire de Voronej, à 300 km de la frontière ukrainienne, a constaté un photographe de l’AFP sur place, ce qui signifie qu’ils n’ont quasiment pas progressé depuis 24 heures.

L’Ukraine veut que la Croix-Rouge prenne le relais

Depuis le début du conflit, Kiev et l’Occident accusent la Russie d’approvisionner en armes les séparatistes pro-russes, ce que Moscou dément. Par sécurité et pour montrer leur souveraineté dans l’est, les autorités ukrainiennes exigeaient que la cargaison soit déchargée au poste frontière le plus proche, voisin de la région de Kharkiv (nord-est de l'Ukraine), puis rechargée dans d’autres camions confiés à la Croix-Rouge, ce que la Russie a refusé selon Kiev.

Dans la soirée, l’Ukraine a proposé une autre solution. "L’aide pour Lougansk passe par un poste-frontière proche de cette ville. Les douaniers, gardes-frontières ukrainiens et représentants de l’OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, NDLR] inspectent la cargaison à la frontière russo-ukrainienne. La mission roule ensuite par le territoire contrôlé par les rebelles. Arrivée à Lougansk, l’aide est distribuée aux civils par la Croix-Rouge", a suggéré le porte-parole de la présidence ukrainienne Sviatoslav Tsegolko.

La Russie et l'Ukraine jouent à un "jeu de poker humanitaire"

Au cours d’une conversation téléphonique avec le président ukrainien mercredi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a proposé pour sa part que l’ONU se joigne au Comité international de la Croix-Rouge pour coordonner la mission humanitaire pour Lougansk, toujours selon Kiev. À Lougansk, qui comptait 500 000 habitants avant les hostilités, les autorités dénoncent une situation "critique" alors que la ville n’a plus d’électricité ni d’eau courante depuis onze jours.

Le président russe Vladimir Poutine est arrivé mercredi 13 août en Crimée, péninsule ukrainienne rattachée en mars à la Russie, pour présider une réunion de son Conseil national de sécurité qui devrait évoquer notamment la situation en Ukraine. Il devait ensuite s’exprimer jeudi, toujours en Crimée, devant des députés russes.

Près de 2 100 morts en quatre mois de conflit

Alors que les combats entre forces régulières et séparatistes prorusses se poursuivent depuis plus d’un mois dans l’est de l’Ukraine, notamment à Donetsk, l’ONU a publié mercredi un nouveau bilan humain très alarmant. Depuis le précédent bilan établi il y a quinze jours, le nombre de victimes, qui était alors de 1 129 morts, a doublé, a indiqué la porte-parole du Haut- Commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme, Cécile Pouilly. Signe de l’intensification du conflit, il atteint désormais 2 086, et celui des blessés 4 953, dont au moins 30 enfants, a-t-elle précisé. Ce bilan tient compte des victimes au sein des forces armées, des groupes armés et parmi la population civile.

Encore ces nouveaux chiffres sont-ils qualifiés "d’estimation très prudente" par l’ONU, au vu d’une situation qui se dégrade rapidement pour la population, et en raison des difficultés de communication dues aux combats.

Avec AFP

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