IRAK

Les Yazidis ne seront "probablement" pas évacués par les Américains

Un flot de réfugiés yazidis traverse un pont enjambant le Tigre, pour rejoindre Fichkhabour, un village du Kurdistan irakien, situé près des frontières syriennes et turques.
Un flot de réfugiés yazidis traverse un pont enjambant le Tigre, pour rejoindre Fichkhabour, un village du Kurdistan irakien, situé près des frontières syriennes et turques. Ahmad Al-Rubaye, AFP

Après la mission de reconnaissance des militaires américains sur les monts Sinjar, le Pentagone a annoncé que l'évacuation des Yazidis était "beaucoup moins probable".

Publicité

Sur le terrain, la situation semble moins préoccupante que ne le pensaient les États-Unis. Le Pentagone a finalement annoncé, mercredi 13 août, que les États-Unis n’allaient probablement pas évacuer les Yazidis réfugiés dans les montagnes du Sinjar en Irak pour fuir les jihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant.

Une vingtaine de Bérets verts, envoyés en reconnaissance, ont constaté que les réfugiés chassés par les jihadistes étaient "beaucoup moins nombreux" et vivaient dans "de meilleures conditions" qu'attendu, a affirmé dans un communiqué le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby. Selon lui, des milliers de réfugiés ont réussi à quitter les monts au cours des dernières nuits.

Selon le département de la Défense des États-Unis, cela est dû à l'eau et aux rations alimentaires larguées sur le terrain, aux frappes aériennes américaines ciblées contre les jihadistes sunnites, aux efforts des combattants peshmerga kurdes.

Un travail coordonné avec les Kurdes

Les États-Unis avaient auparavant indiqué ne pas exclure d'utiliser des troupes au sol pour exfiltrer les civils piégés dans les montagnes par les islamistes mais avaient précisé que les militaires n'engageraient pas le combat. Cent-trente militaires américains ont été envoyés à Erbil pour établir une série d'options, qui vont de la création d'un corridor humanitaire à un pont aérien, pour sauver ceux qui sont assiégés au mont Sinjar depuis plus d'une semaine.

Le conseiller adjoint à la sécurité nationale auprès du président des États-Unis, Ben Rhodes, qui se trouvait avec les journalistes qui voyagent avec Barack Obama en vacances sur l'île de Martha's Vineyard dans le Massachusetts, a rappelé que le président avait à plusieurs reprises "exclu de renvoyer les forces américaines pour participer aux combats sur le terrain en Irak. Il y a plusieurs manières par lesquelles nous pouvons soutenir le retrait de ces personnes de la montagne en toute sécurité", a-t-il toutefois ajouté.

L'idée est de travailler avec les forces kurdes dans la région et avec l'armée irakienne. Les combattants kurdes ont déjà aidé plusieurs milliers de Yazidis à s'échapper vers des zones plus sûres dans le nord.

Par ailleurs, le colonel Steve Warren, un porte-parole du Pentagone, a déclaré que les frappes aériennes, combinées aux opérations des peshmerga, avaient "ralenti, voire stoppé" les attaques contre les familles terrifiées qui ont fui dans les montagnes. Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 400 000 personnes environ ont fui. Parmi eux, des Yazidis, mais aussi des chrétiens, et d'autres minorités.

Ces derniers jours, des largages humanitaires américain et britannique ont été effectués sur les montagnes de Sinjar, Paris a envoyé de l'aide et l'Australie va participer aux largages. Parallèlement à l'aide humanitaire, les Occidentaux ont décidé d'envoyer des armes aux forces kurdes.

Après les États-Unis, la France a annoncé qu'elle leur livrerait des "armes sophistiquées", et Londres a assuré qu'elle acheminerait celles de pays tiers. Quant à l'Allemagne, elle envisage la fourniture de moyens militaires non létaux aux autorités régionales kurdes.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se réuniront d’urgence vendredi 15 août.

Avec AFP et Reuters

L'exode des minorités en images

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine