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ÉCONOMIE

Montebourg : la France "ne peut plus se laisser faire" face à l'Allemagne

Arnaud Montebourg présente son plan de redressement économique de la France, le 10 juillet 2014
Arnaud Montebourg présente son plan de redressement économique de la France, le 10 juillet 2014 Eric Piermont, AFP
4 mn

Dans une interview au "Monde", le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg appelle à "hausser le ton" face à l'Allemagne, "prise au piège" par sa politique d'austérité. Une voix qui détonne face au "cap" donné par François Hollande.

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Arnaud Montebourg a choisi de faire sa rentrée politique en tapant sur l’Allemagne. Samedi 23 août, le ministre français de l’Économie a estimé qu’il fallait "hausser le ton" vis-à-vis de Berlin. "L’Allemagne est prise au piège de la politique austéritaire qu’elle a imposée à toute l’Europe. Quand je dis l’Allemagne, je veux parler de la droite allemande qui soutient Angela Merkel. La France n’a pas vocation à s’aligner sur les axiomes idéologiques de la droite allemande. Je ne peux que remercier Sigmar Gabriel, mon homologue socialiste à l’Économie, qui pousse dans le même sens que nous", a déclaré Arnaud Montebourg dans une interview au journal "Le Monde". "Mais nous ne pouvons plus nous laisser faire", a insisté le ministre français.

Montebourg s’éloigne de Hollande sur la conduite à tenir face à Berlin

Ces déclarations interviennent après la fin de non recevoir infligée par Berlin à François Hollande, qui appelait de ses vœux une politique allemande plus favorable à la croissance. "Les déclarations très générales en provenance de Paris ne fournissent aucune raison pour de quelconques corrections dans la politique économique", avait déclaré le 6 août le gouvernement allemand, après les propos de François Hollande, qui attendait de l’Allemagne "un soutien plus ferme à la croissance".

La volonté de confrontation avec l’Allemagne d’Arnaud Montebourg prend le contrepied de celle d’apaisement affichée par François Hollande après cet épisode, ce dernier déclarant mercredi ne pas vouloir de "face-à-face" avec Berlin. Outre l’attitude du gouvernement allemand, Arnaud Montebourg stigmatise également l’Allemagne, sans la citer, pour son rôle à la BCE dans la détermination de la politique monétaire en zone euro.

Combattre le chômage plutôt que l’inflation

Selon lui, "aujourd’hui, malheureusement, les faucons de l’inflation, qui combattent l’inflation quand elle disparaît en oubliant de combattre l’essentiel, le chômage de masse, sont surreprésentés à la Banque centrale européenne", a déclaré Arnaud Montebourg. Aux premiers rangs de ces "faucons" figurent les Allemands, qui estiment traditionnellement que le rôle de la BCE est de limiter l’inflation, et qui sont opposés à l’idée qu’elle puisse racheter des obligations d’Etat, ce qui reviendrait à financer presque directement les pays.

Arnaud Montebourg l’assure : "La BCE doit changer de braquet et se mettre à faire ce que font toutes les banques centrales du monde, notamment des pays qui ont su faire repartir la croissance, à savoir racheter de la dette publique." "Nous avons deux problèmes : la politique budgétaire européenne, avec l’accumulation des plans d’austérité dans tous les pays de l’Union, et la politique monétaire, excessivement verrouillée. Les leçons des années 1930 devraient nous faire comprendre que c’est le chômage qui provoque un durcissement et une montée de la violence dans les sociétés européennes", a-t-il résumé.

François Hollande doit changer de stratégie, estime Montebourg

Concernant la politique budgétaire française, Arnaud Montebourg, qui joue sur l’aile gauche du dispositif gouvernemental, a estimé que "la mi-temps (François Hollande est à mi-mandat) est toujours le moment de la revue tactique et stratégique". "Je défends la règle des ‘trois tiers’" concernant la répartition de l’effort de 50 milliards d’euros d’économies voulu par le gouvernement. "J’ai adressé une proposition en ce sens au Premier ministre et au président de la République. Un premier tiers de ces économies doit servir à réduire le déficit (...) Un deuxième tiers est déjà affecté au soutien des entreprises (...) Enfin, le dernier tiers doit être consacré aux ménages pour stimuler leur pouvoir d’achat et la croissance. Il serait d’ailleurs très bon que tous les pays européens fassent de même."

"Pour l’instant, je fais des propositions. Je souhaite qu’au sein du gouvernement et de la majorité nous puissions les faire progresser", a-t-il ajouté, alors qu’il s’apprête à célébrer, dimanche, sa traditionnelle Fête de la rose à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire).

Avec AFP

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