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ÉCONOMIE

Pour Manuel Valls, Arnaud Montebourg a "franchi la ligne jaune"

Arnaud Montebourg (à droite) et Benoît Hamon (à gauche) à Frangy-en-Bresse, dimanche 24 août
Arnaud Montebourg (à droite) et Benoît Hamon (à gauche) à Frangy-en-Bresse, dimanche 24 août Jeff Pachoud, AFP
3 min

Au cours de la "Fête de la rose", le ministre de l'Économie a renouvelé ses critiques de la politique économique du gouvernement de Manuel Valls. Par la voie de son entourage, le Premier ministre a estimé qu'"une ligne jaune a été franchie".

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Au lendemain d’une interview très commentée dans les colonnes du "Monde", le ministre de l’Économie et du Redressement productif a remis le couvert, dimanche 24 août. Lors de sa fête annuelle de Frangy-en-Bresse, Arnaud Montebourg a assumé avoir "proposé" et "sollicité" une "inflexion majeure de notre politique économique" d’austérité.

Fustigeant la droite allemande et jugeant qu’il avait le "devoir" de "ne pas se taire", le ministre a ajouté qu’il se devait de "proposer des solutions alternatives" à ce qui constitue "l’échec de la zone euro", donc de la France, à "retrouver le chemin de la croissance", devant plusieurs centaines de ses partisans, venus le retrouver dans son fief électoral.

"Une ligne jaune a été franchie", pour l'entourage de Manuel Valls

Mais pour Manuel Valls, Arnaud Montebourg est allé trop loin. "Une ligne jaune a été franchie dans la mesure où le ministre de l’Économie ne peut pas s’exprimer dans de telles conditions sur la ligne économique du gouvernement et sur un partenaire comme l’Allemagne", a souligné son entourage. "Donc le Premier ministre est décidé à agir", a poursuivi la même source citée par l'AFP, sans livrer de détails sur ce qu’il entendait faire, laissant planer un doute sur le maintien même d’Arnaud Montebourg à son poste.

Lundi, sur l'antenne d'Europe 1, le ministre a confirmé ses critiques de la politique économique de François Hollande et Manuel Valls, mais s'est défendu de toute "infraction à la solidarité gouvernementale". Il a également précisé qu'il ne se plaçait "pas dans l'hypothèse" d'un départ du gouvernement.

Benoît Hamon, fidèle soutien d'Arnaud Montebourg

Par ailleurs, les critiques ont curieusement épargné le ministre de l’Éducation, Benoît Hamon, invité vedette de cette Fête de la rose. Après s’être dit "pas loin des frondeurs" socialistes, il a soutenu les propositions d’Arnaud Montebourg. À la tribune, cet autre poids lourd du gouvernement a notamment affirmé "soutenir le principe des trois tiers" dans la redistribution des économies budgétaires, idée lancée par Arnaud Montebourg, suggérant "des baisses d’impôts pour les plus modestes" ou des mesures pour "les étudiants boursiers".

Benoît Hamon a expliqué également que "la loyauté gouvernementale est un principe d’action, mais ce n’est ni une chaine ni une muselière". Rose à la main, Arnaud Montebourg a affirmé que le débat, qui "a commencé sur la table du Conseil des ministres déjà il y a plusieurs mois" devait être mené, "eh oui", aussi avec le président de la République.

Des positions vivement critiquées à droite

Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, qui ont pris tous deux pris du galon à la faveur de l’arrivée de Manuel Valls à Matignon, sont conscients du poids de leurs portefeuilles. Ils ont "des leviers" et peuvent "les utiliser", souligne l’entourage de l’un des deux. Avec, en ligne de mire, et à plus long terme, des ambitions présidentielles, au moins pour Arnaud Montebourg, qui ne s’en cache pas auprès de ses proches.

À droite, leurs prises de positions ont été vivement critiquées. Le patron du MoDem François Bayrou a déploré "une situation sans précédent", estimant que François Hollande est désormais "contraint de réagir". Même son de cloche du côté du sénateur UMP Roger Karoutchi, qui juge que si les deux ministres ne sont pas invités à quitter leurs postes "cela veut dire que le président et le Premier ministre, déjà très affaiblis, sont totalement discrédités".

Avec AFP

 

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