IRAK

Téhéran prêt à soutenir Bagdad dans sa lutte contre les jihadistes

L'Iranien Mohammed Javad Zarif et l'Irakien Haïdar al-Abadi.
L'Iranien Mohammed Javad Zarif et l'Irakien Haïdar al-Abadi. Bureau du Premier ministre irakien, AFP
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L’Iran s’est dit prêt à aider l’Irak à stopper l’avancée des jihadistes de l’organisation de l’État islamique, qui bouleverse la géopolitique du Moyen-Orient. Sans pour autant envoyer de soldats sur le territoire voisin.

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Dans sa lutte contre les jihadistes de l’organisation de l'État islamique, l’Irak peut désormais compter sur l'Iran. À l'unisson, les représentants des deux pays voisins plaident pour une action internationale. Jusqu’ici, Téhéran ne faisait officiellement que conseiller Bagdad, assurant ne pas avoir de présence militaire en Irak.

Mais la mort fin juillet d'un pilote iranien dans des combats en Irak et la présence d'avions de combat venus probablement d'Iran semblent indiquer, selon des experts, une implication plus directe de la République islamique dans la guerre contre les jihadistes.

Dimanche, lors d’une conférence de presse commune avec son homologue irakien, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif a assuré Bagdad de l'aide de son pays. L'Irak "a besoin d'aide et de soutien de la part de tout le monde [...], de toutes les forces contre le terrorisme", a-t-il assuré.

"Nous coopérons et travaillons [...] avec le gouvernement irakien et avec le gouvernement kurde pour repousser ce groupe", a-t-il ajouté, tout en accusant l’EI "de commettre des actes horrifiants de génocide et des crimes contre l'humanité". Selon lui, ce groupe "doit être stoppé par la communauté internationale et par tous les pays de la région".

"La nécessité d'agir sérieusement" contre l'EI

L'Iran a indiqué cette semaine avoir fourni des conseils au gouvernement et aux Kurdes irakiens qui combattent les jihadistes dans le nord du pays. Mohammad Javad Zarif a toutefois estimé que l’Irak n’avait pas "besoin de la présence de soldats iraniens pour se défendre", car "les hommes combattant ne manquent pas".
 
De son côté, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, sera reçu, lundi 25 août, à Ryad par le prince Saoud al Fayçal, chef de la diplomatie saoudienne, rapporte l'agence de presse officielle iranienne Irna. Il s'agit d'une visite sans précédent depuis l'élection du président Hassan Rohani en juin 2013.
 
L'EI sera sans doute au cœur de cette rencontre. Signe de la préoccupation grandissante dans le monde arabe : l'Arabie saoudite, l'Égypte, les Émirats arabes unis, le Qatar et la Jordanie ont souligné, dimanche, à l'issue d'une réunion à Jeddah, "la nécessité d'agir sérieusement" contre ce groupe extrémiste sunnite.
 
Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, avait récemment souhaité que tous les pays du Moyen-Orient, y compris l'Iran, agissent en commun contre l'EI, qui contrôle également des territoires en Syrie.
 
Avec AFP

 

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