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Rythmes scolaires : la rentrée chahutée par des maires récalcitrants

Des élèves de l'école pimaire de Praz-sur-Arly, en Haute-Savoie.
Des élèves de l'école pimaire de Praz-sur-Arly, en Haute-Savoie. Jean-Pierre Clatot, AFP

Plus de 12 millions d'élèves ont retrouvé le chemin de l'école mardi pour cette rentrée placée sous le signe de la généralisation des nouveaux rythmes scolaires. Une vingtaine de maires ont annoncé la fermeture de leurs écoles mercredi.

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Plus de 12 millions d'élèves en France, de la maternelle au lycée, retournent en classe mardi 2 septembre. Pour sa première rentrée, Najat Vallaud-Belkacem, affiche sa fermeté face aux maires qui menacent de boycotter la réforme des rythmes.

La rentrée se passera "pour le mieux", a assuré la nouvelle ministre de l'Éducation nationale. Nommée la semaine dernière, elle a succédé à Benoît Hamon, resté cinq mois, et devrait porter les orientations de la loi de "refondation de l'école" de Vincent Peillon.

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Après deux mois de vacances, cartable sur le dos ou sac en bandoulière, 6,8 millions d'écoliers, 3,3 millions de collégiens et 2,16 millions de lycéens retrouvent 840 000 enseignants dans les établissements publics et privés. Pour cette rentrée, les projecteurs seront braqués sur les nouveaux rythmes scolaires qui, après avoir été testés dans des villes pionnières l'an dernier, sont généralisés aux écoles publiques et à 10 % des écoles privées sous contrat.

Retour à une cinquième matinée de classe

La réforme instaure le retour à une cinquième matinée de classe, généralement le mercredi, et préconise l'accès des enfants à des activités culturelles et sportives, à la charge des communes, pour réduire les inégalités sociales.

Le coût de ces activités "périscolaires", actuellement pris partiellement en charge par l'État et la Caisse d'allocations familiales, mais aussi les difficultés d'organisation ont nourri la polémique, occultant l'objectif premier de la réforme : des apprentissages plus efficaces grâce à une meilleure répartition du temps scolaire.

Déjà mobilisés l'an dernier, les opposants ne désarment pas malgré les assouplissements accordés, et une vingtaine de maires, notamment dans l’Essonne, ont prévu de boycotter les nouveaux rythmes en n'ouvrant pas l'école mercredi.

"Opération 'classes vides'"

"À réforme bâclée, écoles fermées", ont ainsi annoncé, lundi, dans un communiqué, 12 maires de l'Essonne et trois du Val-de-Marne. Les élus appellent à une manifestation à Evry mercredi matin, première journée test, pour réclamer un report. Quant au collectif de parents "Gilets jaunes", peu représentatif, il invite à garder les enfants à la maison mercredi dans le cadre d'une opération "classes vides".

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"L'école est obligatoire", a répondu fermement Najat Vallaud-Belkacem, "quand on se met en infraction à la loi, il y a des sanctions qui tombent" et, le cas échéant, les préfets ouvriront les écoles. "Dans les communes où les maires scellent l'entrée de l'école, nous ferons en sorte que le tribunal administratif puisse leur enjoindre d'ouvrir l'école", a-t-elle précisé sur France 2, mardi matin.

Selon la ministre, toute réforme engendre des "frottements ici ou là". Mais "quasiment partout sur le territoire français, les élus se sont organisés pour que les choses se passent bien", a assuré la ministre.

Vallaud-Belkacem demande aux maires récalcitrants "de prendre leur responsabilités"

La réforme de 2008, sous la droite, instaurant la semaine de quatre jours pour faire des économies de postes et entraînant la suppression de deux heures hebdomadaires de classe, avait été "bien plus brutale et rapide", a-t-elle rappelé. La réforme Peillon s'est étalée sur deux ans.

Hollande dans un collège de Seine-Saint-Denis

La nouvelle ministre a aussi tenté de valoriser ses autres chantiers. Les rythmes "ne sont pas l'alpha et l'omega de cette rentrée", a-t-elle plaidé. Mardi, elle accompagne d'ailleurs, au collège Louise-Michel de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le président français, François Hollande, qui a choisi de mettre l'accent sur la réforme de l'éducation prioritaire.

Ce collège, au cœur de la ville de la banlieue parisienne qui fut le berceau des émeutes de 2005, bénéficie en effet du nouveau label REP+ et figure donc sur la liste des premiers établissements (102 collèges et les écoles de leur secteur à cette rentrée) dotés de moyens supplémentaires pour réduire l'échec scolaire dans les milieux défavorisés.

Cette année voit également la poursuite des créations de postes de professeurs, des enseignants de nouveau formés, le développement du numérique... La réforme de l'évaluation des élèves et l'éducation à l'égalité fille-garçon font partie des chantiers de la rentrée, tandis que la refonte des programmes a pris du retard et que la réforme du collège et le bilan de la réforme du lycée sont reportés.

Avec AFP
 

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