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La crise ukrainienne au menu d’un sommet de l’Otan sous tension

Le Premier ministre britannique David Cameroun et le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, le 3 septembre
Le Premier ministre britannique David Cameroun et le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, le 3 septembre Leon Neal, AFP

Le sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) s'ouvre jeudi à Newport, au Royaume-Uni. La crise ukrainienne et la lutte contre l'organisation de l'État islamique en Irak devraient être au centre des discussions.

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C’est dans un contexte international explosif que s’ouvre le sommet de l’Otan, jeudi 4 septembre en fin de matinée. La soixantaine de chefs d'État et de gouvernement réunis à Newport (Royaume-Uni) ouvriront leurs discussions sur l’Ukraine, où la situation s'est dégradée avec la présence de combattants russes aux côtés des rebelles séparatistes.

Avant même l’ouverture du sommet, le président ukrainien et les dirigeants américain, britannique, allemand, français et italien ont entamé des entretiens. Petro Porochenko doit informer ses homologues occidentaux de la situation dans l'est de l'Ukraine et évoquer avec eux le plan de règlement de la crise proposé la veille par le président russe Vladimir Poutine, selon des sources diplomatiques.

Dès son arrivée à Newport, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fog Rasmussen, a de nouveau appelé la Russie à cesser d'intervenir dans l'est de l'Ukraine. "Nous appelons la Russie à retirer ses troupes et à stopper le flux d'armes en Ukraine et son soutien aux militants armés", a-t-il déclaré.

La Russie sous pression

Alors que les pays membres de l'Alliance veulent afficher leur détermination et leur unité face à la Russie, accusée d’agression militaire en Ukraine, Moscou a en effet tenté de reprendre la main mercredi en présentant un plan de règlement du conflit, qualifié de "poudre aux yeux" par Kiev et accueilli avec la plus grande prudence par les Occidentaux, le président américain Barack Obama en tête.

La Russie, menacée de nouvelles sanctions européennes, est sous pression. Dans une annonce coup de théâtre à la veille du sommet, Paris a décidé la suspension de sa livraison extrêmement controversée d'un navire de guerre Mistral, une mesure qu'elle refusait de prendre jusqu'à présent. Cette décision est "bien évidemment désagréable" pour la Russie, a reconnu mercredi le vice-ministre russe de la Défense, Iouri Borissov.

Jeudi après-midi, la réunion de la commission Otan-Ukraine sera l'occasion pour les 28 leaders de l'Alliance d'énoncer solennellement leur solidarité avec ce pays, au centre de la plus grave crise entre Moscou et les Occidentaux depuis la fin de la guerre froide. Lors d'une visite mercredi en Estonie, destinée à rassurer les pays baltes, Barack Obama a appelé l'Alliance à soutenir "sans ambiguïté" l'Ukraine, et à prendre "des engagements concrets pour l'aider à moderniser et renforcer ses forces de sécurité".

Un "plan de réactivité" pour faire face aux crises

Le président américain a enfoncé le clou dans une tribune commune avec David Cameron publiée jeudi dans "The Times" : "Nous devrions soutenir le droit de l'Ukraine à déterminer son propre avenir démocratique et continuer nos efforts pour renforcer les moyens de l'Ukraine", ont écrit les deux dirigeants.

Rien n'oblige l'Otan à défendre l'Ukraine, qui n'est pas membre de l'Alliance, mais les Occidentaux ont promis de soutenir son armée par des programmes de modernisation dans les domaines de la logistique, de la cyberdéfense, du commandement et des soins aux soldats blessés. Aucune livraison d'armes n'est envisagée malgré les appels de Kiev en ce sens.

Vendredi, les dirigeants occidentaux devraient adopter un plan de réactivité (Readiness action plan, RAP) qui doit permettre d'augmenter la rapidité de déploiement de troupes en cas de crise, et impliquera plusieurs milliers de soldats. Cette force pourra "être déployée n'importe où dans le monde très rapidement", affirment Barack Obama et David Cameron dans leur tribune commune. Dans l'immédiat, ce plan, qui devrait coûter "quelques centaines de millions d'euros" par an, doit rassurer les pays est-européens de l'Alliance inquiets des agissements du puissant voisin russe.

Le sommet de Newport abordera aussi d'autres crises, particulièrement celle de l’organisation de l'État islamique (EI) en Irak et en Syrie, dont la menace est de plus en plus pressante. La lutte contre cette organisation jihadiste ultra-violente sera au centre du dîner des chefs d'État jeudi soir, et la constitution d'une coalition pour combattre l'EI, souhaitée par les Américains, devrait faire l'objet de réunions en marge du sommet. Enfin, ce sommet doit aussi acter le retrait des troupes de l’Otan d’une autre terre de jihad, l'Afghanistan, où elles étaient déployées depuis treize ans. L'opération la plus longue et la plus importante jamais menée par l'Alliance.

Avec AFP
 

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