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Quand Mehdi Nemmouche était le geôlier des otages français en Syrie

Mehdi Nemmouche a été inculpé, fin juillet, pour "assassinat dans un contexte terroriste".
Mehdi Nemmouche a été inculpé, fin juillet, pour "assassinat dans un contexte terroriste". Benoît Peyrucq, AFP

Le Français Mehdi Nemmouche, accusé du quadruple assassinat commis au Musée juif de Bruxelles en mai dernier, aurait en outre été l'un des geôliers des ex-otages français en Syrie, selon l'un d'entre eux.

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Déjà inculpé pour le quadruple assassinat au Musée juif de Bruxelles en mai, Mehdi Nemmouche aurait en outre été l’un des geôliers des otages occidentaux détenus par l’organisation de l’État islamique en Syrie, rapporte le quotidien "Le Monde", samedi 6 septembre.

"Cette information est le fruit des éléments transmis, ces derniers mois, par la Direction générale de la sécurité intérieure à la section antiterroriste du parquet de Paris. Elle provient, notamment, des témoignages" de Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres, les anciens otages journalistes français, libérés en avril dernier, indique le quotidien.

Si "les souvenirs des personnes interrogées ne sont pas identiques […] cela n’a pas été un obstacle à la transmission de ces soupçons à l'institution judiciaire par le service de renseignement", croit savoir "Le Monde". En effet, certains ex-otages évoquent "une possibilité", d'autres affichent une plus grande certitude sur l’identité de leur geôlier.

"Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait"

Parmi les témoignages catégoriques figure celui de Nicolas Hénin, dont les premiers extraits ont été publiés sur le site du "Point". Libéré le 19 avril dernier de Syrie, après dix mois de détention, l'ex-otage livre un témoignage glaçant sur le rôle de Mehdi Nemmouche lors de sa détention. Il raconte les quelques mois, entre juillet et décembre 2013, pendant lesquels le jihadiste s'est "occupé" de lui et des autres otages occidentaux en Syrie.

"Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait. Il était membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines, confie Nicolas Hénin. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j'avais moi-même été interrogé. La torture durait toute la nuit, jusqu'à la prière de l'aube. Aux hurlements des prisonniers répondaient parfois des glapissements en français."

L'ex-otage "brosse le portrait d'un Nemmouche égocentrique et affabulateur, pour qui le djihad n'est finalement qu'un prétexte pour assouvir sa soif maladive de notoriété, rapporte l'hebdomadaire. Un jeune homme paumé et pervers qui, le soir, une fois sa tâche achevée auprès des otages, vient les narguer, pousser la chansonnette et leur raconter les épisodes de 'Faites entrer l'accusé', l'émission de Christophe Hondelatte, téléchargés sur un ordinateur et dont il rêve de devenir un jour l'un des personnages."

Parmi les gardiens de James Foley

Depuis leur remise en liberté, les anciens otages français sont régulièrement consultés par les services secrets français de la DGSI et de la DGSE. Selon certains témoins, Mehdi Nemmouche n'aurait été qu'un exécutant de base de l’EI, chargé par l'organisation de surveiller les otages occidentaux. "Il aurait, néanmoins, fait montre d'une grande brutalité et commis des actes graves", précise le quotidien du soir sur son site.

Les éléments retenus font également état de la présence de Mehdi Nemmouche parmi les gardiens de l'ancien otage américain James Foley, égorgé et décapité, le 20 août par l'État islamique.

Arrêté à Marseille, dans le sud de la France, le 30 mai dernier, Mehdi Nemmouche, âgé de 29 ans, est soupçonné de quatre assassinats commis le 24 mai au nom du jihad dans le Musée juif de Bruxelles. Il a depuis été extradé en Belgique et inculpé.
 

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