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Et si l’Écosse votait pour son indépendance ?

Une jeune écossaise avec le drapeau des partisans de l'indépendance à Glasgow, le 15 août 2014
Une jeune écossaise avec le drapeau des partisans de l'indépendance à Glasgow, le 15 août 2014 Andy Buchanan, AFP

À moins de deux semaines du référendum sur l'indépendance de l'Écosse, le Royaume-Uni a de quoi sérieusement s'inquiéter. L'indépendance de l'Écosse aurait des incidences sur l'économie, la vie politique et la force militaire du royaume britannique.

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Imaginons le Royaume-Uni amputé de 30 % de son territoire et de 5 millions d’habitants. Le scénario est désormais bien envisageable, faisant du cauchemar des dirigeants britanniques une réalité. À moins de deux semaines du référendum sur l’indépendance de l’Écosse, un sondage de l'institut YouGov pour le "Sunday Times" donne 51% des intentions de vote aux indépendantistes, laissant entrevoir une possible victoire du "oui".

Si le "oui" l’emporte, l'indépendance serait prononcée le 24 mars 2016. À quoi ressemblerait alors l’Écosse ? Quels sont les enjeux de ce référendum qui aura lieu le 18 septembre ?

L’Écosse récupérerait ses gisements de pétrole

Le pays dispose d’importants gisements d'or noir en mer du Nord. Près de 42 milliards de barils ont été extraits depuis le milieu des années 70 et la manne que représente cette industrie est directement perçue par le Trésor britannique. Sans le pétrole écossais, les Anglais seraient amputés de cette source de recette importante, 17,6 milliards de livres (21,9 milliards d'euros) de rentrées pour les cinq années à venir. Récupérer la jouissance du pétrole au niveau national, c’est un des arguments des partisans de l’indépendance écossaise, même si les experts parlent déjà d’un déclin de la production à partir de 2019.

L’Écosse adhérerait à l’UE

L’Écosse indépendante garderait-elle la livre sterling ? C’est une des questions qui tracassent le plus les Écossais à l'approche de ce vote. Les principaux partis politiques britanniques ayant refusé qu'Édimbourg garde la livre sterling en cas d’indépendance, il est possible que l’Écosse crée une nouvelle monnaie, mais elle serait faible face à la livre ou à l’euro. Par ailleurs, le Premier ministre écossais Alex Salmond, souhaite que l'Écosse rejoigne les Vingt-huit en cas d'indépendance, on peut donc imaginer que le pays adopterait la monnaie européenne.

>> À lire sur France 24 : Aux racines du nationalisme écossais

À supposer que le processus aboutisse, cela prendrait du temps. En attendant, l’incertitude pourrait dissuader les Écossais de faire le grand saut. Les milieux de la finance ne voient pas cela d’un bon œil, d’après le président de la banque britannique HSBC, Douglas Flint. L’Écosse serait menacée par une "fuite des capitaux", a-t-il prévenu dans une tribune publiée dans le "Daily Telegraph" en août, ajoutant que " cela laisserait le système financier dans un état alarmant". Une prémonition contredite quelques jours plus tard par 200 chefs d’entreprise écossais : ces derniers ont signé une pétition pour l’indépendance de leur contrée septentrionale, mettant en avant l’argument de la manne pétrolière.

L’Écosse serait moins libérale

L’un des arguments avancés par Alex Salmond, qui dirige le Scottish National Party (SNP), consiste à dire que l’Écosse, débarrassée de l’austérité imposée par Londres, s’engagerait vers une politique sociale plus généreuse, avec une sauvegarde du système de sécurité sociale menacée de privatisation dans l’ensemble des composantes du Royaume-Uni. "L’Écosse et l’Angleterre divergent de plus en plus", analyse Peter Lynch, professeur de Sciences politiques à l’université de Stirling, en Écosse. "Après la Seconde Guerre mondiale, l’Écosse a bénéficié de l’État providence mis en œuvre au Royaume-Uni, en particulier le système de santé. L’Écosse l’a toujours et y est attaché, tandis que l’Angleterre l’aime de moins en moins et le réduit de plus en plus", explique-t-il à Olivier Hensgen, correspondant de France24 à Édimbourg. Au-delà de la question identitaire le référendum pose donc la question d’un choix de direction de société.

Le Royaume-Uni perdrait sa base nucléaire

Sans l’Écosse dans le Royaume-Uni, Londres devrait retirer ses sous-marins nucléaires, tous basés en Écosse, et réfléchir à d’autres moyens de maintenir sa capacité de dissuasion. Pour cause, l’Écosse abrite trois bases navales et une base aérienne, avec près de 10 000 soldats britanniques. Quant à Édimbourg, elle devra se constituer sa propre armée. Pour se protéger, le pays devra aussi recréer des frontières et des postes de douanes.

L’Écosse ne paierait pas sa dette

Autre grand chamboulement économique. Si l’Écosse obtient son indépendance, il faudrait aussi négocier sa dette envers Londres. Sur ce point, les nationalistes ont d’ores et déjà prévenu qu’ils ne rembourseraient pas la quote-part en réaction au refus britannique de faire avec l'Écosse une union monétaire.

Le Labour perdrait une partie de son électorat

L’onde de choc d’un "oui" au référendum écossais atteindrait enfin la classe politique britannique dans son ensemble, puisque le Parti travailliste bénéficie d’une bonne assise au sein de l’Écosse traditionnellement plus sociale. À Westminster, siège du Parlement britannique, la gauche sans les électeurs écossais se verrait encore plus affaiblie face à la droite britannique.

>> À lire sur France 24 : Sans l'Écosse, que va devenir le drapeau britannique ?

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