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Syrie : l’OIAC dénonce des attaques chimiques au chlore

Des volontaires s'entraînent à réagir en cas d'attaque chimique, le 15 septembre 2013, à Alep.
Des volontaires s'entraînent à réagir en cas d'attaque chimique, le 15 septembre 2013, à Alep. JM Lopez, AFP

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques annonce disposer d’"éléments convaincants" attestant que des gaz au chlore ont été utilisés cette année dans le nord de la Syrie. Toxique, il n'est pas considéré comme une arme chimique.

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Depuis fin avril, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) enquête sur l’utilisation du chlore lors de bombardements en Syrie. Paris et Washington ont accusé le régime de Damas d'avoir utilisé ce produit toxique industriel contre l'opposition, tandis que le régime, lui, accuse les rebelles.

Mercredi 10 septembre, l’OIAC a indiqué, dans un communiqué, disposer d’"éléments convaincants (...) confirmant qu'un agent chimique toxique a été utilisé de manière systématique et répétée en tant qu'arme dans des villages du nord de la Syrie au début de l'année". 

Les enquêteurs ont identifié cet agent toxique comme étant du chlore, "soit seul, soit mélangé à un autre agent", sur la base de témoignages, de photos, de vidéos et de rapports médicaux, notamment. "Les descriptions, les propriétés et le comportement du gaz, les signes et symptômes résultant d'une exposition et les réponses des patients aux traitements" ont permis aux enquêteurs d'affirmer que du chlore avait été utilisé dans les attaques sur les villages de Kafr Zeta, d'Al-Tamana'a et de Tal Minnis.

Depuis l'arrivée de ses enquêteurs sur le terrain, en mai, l'OIAC signale une "réduction sensible" des témoignages faisant état de bombardements au chlore mais dit en avoir enregistré à nouveau un très grand nombre en août.

Le régime mis en cause par l'ONU

L'organisation se garde bien de désigner les responsables des bombardements au chlore. Ses enquêteurs poursuivent leur mission et essaieront de mettre au jour les événements liés à ces accusations, a affirmé le porte-parole de l'OIAC, Michael Luhan, refusant d'en dire plus sur le sujet.

Gaz industriel toxique, le chlore n'est pas considéré comme une arme chimique. En mai, l'ONG Human Rights Watch disait disposer de preuves solides que des hélicoptères du régime syrien avaient lâché en avril des bombes contenant du chlore dans les villages mentionnés dans le rapport de l'OIAC. En juin, un premier rapport des enquêteurs de l'OIAC affirmait que les preuves rassemblées jusqu'alors donnaient "du crédit" aux accusations d'attaque au chlore. Fin août, une commission d'enquête de l'ONU avait accusé les autorités syriennes d'avoir utilisé des armes chimiques, "probablement du chlore", à huit occasions dans l'ouest de la Syrie.

Damas a déjà évacué ses armes chimiques déclarées

Le 18 août, le Pentagone avait annoncé que les États-Unis avaient fini de détruire les armes chimiques syriennes. Ces équipements permettaient au régime de Bachar al-Assad de fabriquer notamment les gaz sarin et moutarde. "Les armes chimiques les plus mortelles possédées par le régime syrien" – pour reprendre les mots du président Barack Obama – avaient donc normalement été neutralisées.

En un mois et demi, 581 tonnes de "précurseurs chimiques" pour le sarin et 19,8 tonnes d'agents destinés au moutarde avaient été détruits à l'aide d'un système par hydrolyse à bord du Cape Ray, un cargo roulier américain, spécialement aménagé pour l'occasion.

Cet arsenal avait été remis par Damas à la communauté internationale afin d'éviter une intervention militaire des États-Unis et de la France, ces derniers accusant le régime de Bachar al-Assad de l'avoir utilisé contre sa propre population dans le cadre du conflit en Syrie.

Au total, la Syrie a évacué 1 300 tonnes d'agents chimiques.

Avec Reuters, AFP et AP

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