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SUÈDE

Législatives suédoises : la gauche en tête, poussée historique de l'extrême droite

Le leader social-démocrate Stefan Löfven sort du bureau de vote, dimanche 14 septembre.
Le leader social-démocrate Stefan Löfven sort du bureau de vote, dimanche 14 septembre. Jonathan Nackstrand, AFP
5 mn

Les sociaux-démocrates sont arrivés en tête des élections législatives en Suède, dimanche. Un scrutin marqué par la poussée historique de l'extrême droite, qui devient la troisième formation du pays.

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L'opposition de gauche en Suède a remporté, dimanche 14 septembre, des élections législatives marquées par une poussée historique de l'extrême droite. Une formation que le futur Premier ministre veut maintenir en dehors des tractations.

Les résultats quasi définitifs donnent les sociaux-démocrates en tête avec 31,3% des voix. Leur chef de file, Stefan Löfven, 57 ans, s'est dit "prêt à explorer la possibilité de former un gouvernement", devant ses partisans réunis à Stockholm.

L'ancien ouvrier et syndicaliste serait le Premier ministre le plus mal élu de l'histoire de son parti, et sa probable coalition serait loin de la majorité absolue au Parlement.

"Nous sommes tout à fait les maîtres du jeu maintenant"

La principale raison est la progression impressionnante des Démocrates de Suède (SD, extrême droite), qui deviennent le troisième parti du pays avec quelque 12,9 % des voix, contre 5,7 % il y a quatre ans.

C'est un nouveau triomphe pour leur président, Jimmie Åkesson, 35 ans, qui a fait de cette formation anti-immigration, autrefois marginale dans l'électorat, une force qui compte.

"Nous sommes tout à fait les maîtres du jeu maintenant", a-t-il déclaré. "Il est évident que [les autres partis] devront nous prendre en considération désormais [...]. Il faut gouverner ce pays, et ce sera difficile s'ils ne sont pas prêts à nous parler."

"Il n'y aura pas de coopération avec eux. Gardons à l'esprit que 87 % des Suédois n'ont pas voté pour eux", a répondu Stefan Löfven.

Vaincu après huit ans au pouvoir, le Premier ministre conservateur Fredrik Reinfeldt a reconnu sans tarder sa défaite. "Le peuple suédois a pris sa décision. Par conséquent, je présenterai demain [lundi] ma démission", a-t-il déclaré à ses partisans.

Les démocrates de Suède restent frappés d'ostracisme par les sept autres partis du Riksdag (parlement), qui ont tous exclu de discuter avec eux.

La progression de ce parti rappelle celle d'autres formations d'extrême droite ou de droite populiste en Europe, comme Ukip au Royaume-Uni, qui siège dans le même groupe au Parlement européen, le Front national en France et le Parti populaire danois.

Selon des projections de la télévision publique SVT, ils passeraient à 49 députés contre 20 auparavant. Les sociaux-démocrates, les Verts et le Parti de gauche en auraient 158, et les quatre partis de centre-droit 142.

Des tractations gouvernementales complexes

Le probable nouveau dirigeant de la Suède devrait profiter de la bonne santé de son économie et de ses finances publiques. Mais les tractations pour composer son équipe gouvernementale s'annoncent déjà complexes avec ses deux alliés naturels, les Verts et le Parti de gauche, sur des sujets sensibles comme la défense, l'énergie nucléaire et l'urgence qu'il y aurait à défaire les réformes du gouvernement précédent.

Les Verts, avec qui Stefan Löfven compte négocier dès lundi, et le Parti de gauche n'ont même pas indiqué clairement s'ils avaient envie de portefeuilles ministériels.

Le mécontentement que traduit le vote pour les Démocrates de Suède est un autre défi de taille pour le chef de file des sociaux-démocrates, porté à maintenir la généreuse politique d'immigration qui devrait attirer plus de 80 000 réfugiés en Suède cette année, pour une population de 9,7 millions d'habitants.

Les électeurs des SD sont des Suédois, qui se sentent abandonnés par les partis traditionnels et qui n'apprécient pas le consensus en faveur de l'immigration de mise à Stockholm.

"Fondamentalement, ils sont issus des classes populaires, de tous âges, et des hommes pour les deux tiers", relève Anders Sannerstedt, politologue qui les a étudiés. "Ce ne sont pas des exclus, ce sont des Suédois ordinaires".

Ce parti des Démocrates de Suède a pour particularité de siéger au milieu de l'hémicycle, se revendiquant par exemple partisan d'une protection sociale forte pour les ménages défavorisés. Mais étant plutôt conservateur sur les questions de société. Björn Söder, le président de son groupe parlementaire, l'a décrit comme "social-conservateur".

Le parti Initiative féministe, très à gauche, ne pourra pas entrer au Parlement, récoltant 3,1 % des voix, sous les 4 % nécessaires qu'il a un temps espérés.

Avec AFP

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