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ROYAUME-UNI

Référendum en Écosse : les indépendantistes n'ont pas tout perdu

Lesley Martin, AFP
Texte par : Olivier HENSGEN
5 mn

Les Écossais ont voté le 18 septembre pour le maintien de leur nation au sein du Royaume-Uni. Ce scrutin va néanmoins permettre de débuter rapidement des négociations sur l'octroi de pouvoirs élargis aux autorités locales.

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correspondant à Édimbourg

Après deux ans d‘une campagne acharnée, qui a brièvement vu le "oui" à l’indépendance écossaise dépasser le "non" dans les sondages, les partisans du maintien de l'Écosse au sein de l'Union ont remporté une nette victoire lors du référendum du 18 septembre. Selon des résultats provisoires, le "non" a recueilli environ 55% des voix, lors d'un scrutin marqué par une participation record de 84,6 %.

L'issue du vote aura été conforme aux enseignements des sondages pendant la campagne, a souligné à la BBC John Curtice, un expert électoral de l’université de Glasgow. "Le 'non' a généralement été plus élevé dans les endroits où l'on trouve un grand nombre d’habitants provenant du reste du Royaume-Uni et plus de membres de la classe moyenne. Puis dans les lieux où l'on compte plus de personnes âgées, et dans la moitié la plus rurale de l’Écosse", a-t-il observé.

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La défaite claire du camp du "oui" ne doit pas occulter le fait que le soutien à l’indépendance s’est hissé, en deux ans, d'un petit tiers de la population au score atteint aujourd’hui. "Le 'oui' a clairement perdu et n’a pas atteint le niveau des derniers sondages, mais il a aussi surpassé ce que les enquêtes prédisaient au début du mois d’août. Des progrès ont été accomplis durant les dernières semaines", a souligné John Curtice. Les résultats du scrutin montrent, en outre, que les partisans de l'indépendance sont présents dans toutes les régions de l'Écosse et pas seulement dans quelques poches nationalistes.

"Ne nous attardons pas sur la distance qu’il nous a manquée, mais que sur celle que nous avons parcouru", a pour sa part déclaré Alex Salmond, le Premier ministre Écossais. Les partisans de l’indépendance trouveront en outre matière à satisfaction : Glasgow, la ville la plus peuplée d’Écosse, a voté pour le 'oui', à 53 %. En revanche, la capitale Édimbourg, plus riche et siège d’une importante activité financière, a voté non à 61 %. Les différents sondages réalisés pendant la campagne ont montré que les incertitudes entourant l’économie d’une Écosse indépendante constituait la principale préoccupation des partisans de l'Union.

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Le Premier ministre britannique David Cameron a, quant à lui, estimé que ce résultat réglait la question de l'indépendance "pour une génération". Au Royaume-Uni, le débat va désormais migrer vers la définition de pouvoirs supplémentaires pour le Parlement d’Édimbourg, promis par les leaders des principaux partis britanniques pendant la campagne. Dans son discours d’après-défaite, le Premier ministre indépendantiste écossais Alex Salmond a appelé ces changements à intervenir "rapidement", en rappelant que l'Écosse n'a pas, à ce stade, choisi l'indépendance.

Des pouvoirs étendus pour le Parlement écossais

Avant la tenue du référendum, les trois grands partis britanniques ont promis, assez mollement dans un premier temps, de renforcer les pouvoirs du Parlement d’Édimbourg. Une option soutenue de longue date par une majorité d’Écossais. Ces dernières semaines, alarmés par le bond du "oui" dans les sondages, venu talonner brièvement le "non", David Cameron, Ed Miliband et Nick Clegg se sont engagés à accélérer le processus. Les chefs des partis conservateurs, travailliste et Libéraux-démocrates avaient publié mardi dernier dans le quotidien écossais "Daily Record" un "engagement" en promettant au Parlement écossais de recevoir des pouvoirs "étendus" à l’issue d’une consultation devant débuter aujourd’hui-même.

Dans la matinée, David Cameron a nommé Lord Smith of Kelvin, le président des derniers jeux du Commonwealth, pour mener les discussions. Selon le calendrier défini, un ensemble de propositions, concernant notamment un contrôle renforcé par l'Écosse de sa propre gestion budgétaire, devrait être examiné en novembre et déboucher sur un projet de loi en janvier. Mais les débats promettent d’être animés. Les trois principaux partis britanniques divergent sur la question et n‘ont jamais fait d’offre commune à l’Écosse, même au plus fort de la panique provoquée par les sondages. Certains membres du parti conservateur de David Cameron, historiquement hostile à la décentalisation, l’ont en outre critiqué pour avoir trop promis sans même attendre le vote.

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Le débat constitutionnel amorcé par le référendum au Royaume-Uni ne se limitera pas à l'Écosse. Le pays de Galles et l’Irlande du Nord, eux aussi dotés d’une assemblée, suivront les débats avec attention. Au sein de l'Union, l'Angleterre constitue en effet un paradoxe : les élus Écossais, Gallois et Nord-Irlandais votent sur des politiques spécifiquement anglaises, alors que le Parlement britannique n’a pas de pouvoirs équivalents dans les trois nations du royaume.
 

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